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25 Apr 2016

À quoi ça sert, d'écrire ?

Ça sert à quoi, d'écrire ?

Bizarrement, ce n'est pas le genre de question que l'on se pose forcément lorsque l'on aime écrire... Pourtant, si l'on regarde les choses en face, il s'agit peut-être bien de la question qui revient le plus souvent parmi tous ceux qui ont le malheur de connaître ou fréquenter un écrivain : "Mais en fait, ça lui sert à quoi, d'écrire ?!"

Il y a un petit côté marginal, chez l'écrivain. Au mieux, on le considère comme un doux rêveur plein de naïveté, qui ne fera jamais de mal à une mouche ; au pire, il est complètement à côté de la plaque, complètement déconnecté de la réalité et absolument inapte à la vie en société.

Il y a quelques temps, un autre écrivain (sans doute un peu psy dans une double vie) m'a poussé jusqu'à l'analyse : "Mais bordel, pourquoi tu écris ?" (La question était plus subtile, vous vous en doutez... Entre marginaux de la même espèce, la compassion est forcément au rendez-vous.)
C'est vrai, ça ! Écrire, ça demande beaucoup de travail et de motivation, la majorité des gens ne lisent pas, et comme je n'ai pas d'éditeur et que je suis obligé de tout faire moi-même, je me retrouve avec de moins en moins de temps pour vivre ma vraie vie !
Suis-je maso ?

La vérité, c'est que j'ai longtemps écrit sans savoir pourquoi. Est-ce qu'on demande aux femmes enceintes pourquoi elles ont des envies de fraises ? Eh bien voilà ! Vous avez votre réponse, il ne faut pas demander à un écrivain pourquoi il écrit !
En fait, c'est simple : j'écrivais parce que (attention, les lignes qui vont suivre vont donner une image très psychotique de l'écriture !) quelque chose existait en moi mais je ne savais pas encore quoi. Le fait d'écrire me permettait de le nourrir, de le développer afin de mieux l'identifier, et ainsi commencer à mieux "le" comprendre. Comprendre qu'il s'agissait surtout de la personne que j'étais au fond de moi. Pas celle que les autres voulaient que je sois (un bon copain, un bon collègue, un bon employé, un bon mari, un bon père, un bon fils, un bon citoyen qui paie correctement ses impôts, etc.) mais la personne que j'ai envie de devenir.

On vient tous au monde avec une énergie vitale à partager, à diffuser autour de soi, et aussi pour grandir au contact des autres.
En grandissant, malheureusement, la société nous oblige à choisir un rôle professionnel en particulier, qu'il nous faudra jouer parmi les autres. Souvent, ce rôle, on doit le choisir sans vraiment le connaître. Ceux qui ne nous veulent que du bien nous demandent juste de les écouter cinq minutes en mettant de côté nos idéaux faits d'amour et d'eau fraîche, et nous expliquent que peu importe le rôle, ce qui nous rendra heureux, c'est le fric qu'il nous rapportera !

Lorsque l'on écrit, on met de l'ordre en soi. On apprend à faire le tri entre les rêves qui sont les nôtres et les convictions qui sont celles des autres. On apprend à identifier ses émotions, à savoir faire la différence entre une colère qui exprime une frustration, et une autre qui cache de la tristesse. On apprend à se comprendre. À s'approprier un mode d'emploi de soi-même. À y voir plus clair dans ses idées. À voir aussi que souvent, rien n'est vraiment noir, et rien n'est vraiment blanc. Une infinité de nuances existent entre le fait d'avoir raison et le fait d'avoir tort. Tout cela n'est toujours qu'une affaire de point de vue. Une histoire de croyances, d'éducation, de parcours, de culture, de convictions personnelles qui ne sont finalement que des programmes qui nous ont été transmis par les autres. Pire encore, je me demande de plus en plus si la physique quantique n'est pas la clé de tous les problèmes : pourquoi ne pourrait-on pas à la fois avoir raison ET tort ?! 
On a des idées sur tout, quand on a vingt ans. On sait tout, on est sûr de tout, et on ne veut rien savoir. Dès le moment où l'on se met à écrire, par contre, une meilleure lucidité s'invite sur le papier : tout ce que l'on croit savoir n'est souvent qu'illusion, et on n'a pas d'autre choix que de réaliser cet effort d'accouchement pour en prendre véritablement conscience.
Alors pour les envies de fraises, vous voyez que finalement, on n'en était pas si loin !

Écrire a donc été une façon pour moi de mettre en lumière ces illusions. Les extirper des ténèbres qui étaient en moi. Sans l'écriture, aujourd'hui, je ne saurais probablement pas qui je suis, ce que je veux et ce que je ne veux pas.
Je serais certainement le bon maillon d'une chaîne qui ne m'appartient pas, le bon rouage d'un système auquel j'ai du mal à adhérer, le bon individu parmi une civilisation en plein naufrage, mais assurément, je ne serais pas moi.

Je ne suis pas en train de faire l'apologie de l'individualisme : c'est tout le contraire. Dans notre société, l'image de soi, la confiance en soi, l'affirmation de soi, bref, tout ce qui peut permettre de se différencier des autres, est fortement mis en avant. Le culte des égos n'est pas qu'une légende : il est l'essence même de toutes les réussites sociales, la base de tous les conseils qui vous aideront à acquérir le maximum de responsabilités dans le monde du travail.
Pourtant, bizarrement, plus on se rapproche avec authenticité de la personne que l'on est, et plus on se rapproche du genre humain dans son universalité. Là où justement, aucune hiérarchie n'a sa place !
Lorsque dans mes livres, je m'amuse à tomber le masque des rôles que la société me demande de jouer, je ne parle plus de mes failles à moi : je parle des failles que nous avons tous.
Je ne parle plus de mes erreurs à moi (mon nombril, tout le monde s'en fout et c'est bien normal, chacun a d'autres soucis que de se préoccuper de ceux des autres !), je ne parle plus de mes mensonges, de mes faiblesses, de mes doutes et de mes égarements, je parle de ce que nous nous efforçons tous de cacher aux yeux des autres.
Je parle de NOUS.

Alors à quoi ça me sert d'écrire ? Eh bien justement, écrire, ça me sert à faire tomber les masques de tout ce que l'on montre, pour parler de toute la lumière que l'on cache.
Écrire, ça me sert à rallumer une étincelle dans les cœurs froids, ça me sert à raviver un courant d'air qui ébouriffe les convictions. Ça me sert à réveiller les habitudes soumises et les conformismes naïfs. Ça me sert à arrêter l'humour qui se moque pour laisser émerger l'autodérision qui nous rassemble, prendre le temps de poser les questions toujours plus importantes que les réponses...

 
Écrire, ça me sert à partager cette vision du monde que j'ai : un monde en perdition, où tout repose sur le profit à tout prix, au détriment du bon sens, de l'écologie et des ressources humaines dans leur globalité. Ça me sert à crier ce que la société m'interdit de crier : à savoir que notre monde est un Titanic qui fonce tout droit vers l'iceberg ! Une société qui fabrique de plus en plus de gens malheureux alors que jamais dans l'histoire de l'humanité elle n'aura atteint un tel savoir technologique et fabriqué autant de machines destinées à nous rendre la vie plus facile.

J'écris pour résister à ma manière contre un naufrage que l'on m'oblige à subir sans me demander mon avis.
J'écris pour faire corps avec celles et ceux qui sont comme moi, pour que nous soyons de plus en plus nombreux, et pour que la place accordée aux créatifs soit plus importante qu'elle ne l'est aujourd'hui.
Parce que :
1- À la base, nous sommes tous des créatifs (100% des enfants d'une cour d'école sont des créatifs en puissance)
2- Une société dans une impasse ne pourra trouver d'issue favorable que par l'intermédiaire de ses créatifs, ceux qui seront capables d'imaginer une autre façon de vivre mieux et ensemble.

Je suis un rêveur ? Un marginal ? Un idéaliste ? Un utopiste ?
Ou bien suis-je seulement un citoyen comme tout le monde qui n'essaie que de faire sa part du colibri ?

15 Mar 2016

Les tendances de l'autoédition

Cet article a été rédigé en réaction à la publication des résultats d’une étude réalisée auprès de 926 auteurs indépendants en France, par Book On Demand (BOD) en association avec Edlilivre.

http://www.idboox.com/etudes/les-tendances-de-lautoedition-en-france/

 

1. « Pour 87% des répondants l’écriture et un loisir, 57% annoncent que c’est leur occupation principale et 31% considèrent que l’écriture est une source de revenus. »

Cette notion de « loisir » reste sujette à débat. J’imagine que les 57% mentionnés par BoD et Édilivre, qui annoncent que l’écriture est leur occupation principale alors que pour 87%, elle est un loisir, ont peut-être voulu mentionner qu’elle était leur hobby principal.

Alan Spade a évoqué également la piste possible des retraités, pour qui un loisir peut vraiment être considéré comme une occupation principale…

Il faudrait avoir plus d’informations sur ces données.

 

Sur les 130 auteurs qui ont participé à mon enquête (publiée en mars 2015 : http://charlie-bregman.iggybook.com/fr/l-autoedition-pourquoi-comment-pour-qui/), plus de la moitié ont déclaré consacrer plus de 10 jours par mois à leur activité d'autoédition, avec 26 auteurs l'exerçant à temps complet (20%). Je rappelle que le formulaire que j’avais publié en ligne exigeait une expérience de plus d’un an en autoédition, afin d’écarter le plus possible les novices en la matière, qui auraient pu apporter une vision erronée des différents points abordés.

Mon objectif n’était pas de dresser un bilan statistique (pour cela, il aurait fallu bénéficier d’un échantillon suffisamment dense et représentatif), mais bel et bien un compte-rendu des diverses explorations menées par les auteurs, avec leurs attentes, leurs obstacles, leurs solutions et stratégies, leurs résultats, et donc une analyse de l’évolution envisageable de l’autoédition au sein de l’industrie du livre.

Les chiffres sont là pour indiquer les tendances qui se dégagent du groupe interrogé, mais encore faut-il questionner les différents éléments du groupe pour mieux les connaître (ce que j’ai voulu faire dans une première partie « Autoédités, qui êtes-vous ? »).

Au vu des réponses obtenues, je pense que mon enquête avait été majoritairement suivie par une catégorie d'auteurs dont l’intention était d’agir plus en "entrepreneurs" qu’en “dilettantes", avec, du coup, une distinction claire entre le simple fait de « s’auto-publier » et l’objectif idéal de faire les choses aussi bien qu’un éditeur (puisque dans « autoédition », il y a surtout « édition »).

 

2. « Les auteurs choisissent l’autoédition car ils aiment le contrôle qu’ils ont sur le contenu publié (95%). »

Mon enquête indiquait un chiffre équivalent : 95% des auteurs interrogés reconnaissaient que la liberté et l’indépendance constituaient les principaux avantages de l’autoédition.

Par contre, cette liberté n’avait réellement motivé leur choix de l’autoédition que pour les trois quarts d’entre eux. Ils la considéraient comme l’avantage numéro 1, mais pour un bon nombre d’entre eux, l’autoédition avait été plutôt envisagée comme une stratégie à moyen terme en vue de se faire éditer de manière traditionnelle :

- 17% ont répondu vouloir se constituer un lectorat avant de démarcher un éditeur

- 25% vouloir gagner en visibilité afin qu’un éditeur me contacte

 

3. « 92% estiment que l’autoédition est un processus simple et 85% apprécient le contrôle sur le droit d’auteur. »

Dans mon enquête, 1 auteur sur 4 considéraient l’exploitation des droits comme l’un des principaux avantages de l’autoédition, un avis placé derrière les royalties, la flexibilité et la diversité des tâches, et la liberté et l’indépendance.

La simplicité de l’autoédition apparaissait comme toute relative dès le moment où l’intention était de dépasser la satisfaction personnelle de voir son livre matérialisé (auto-publié) :

- la promotion et le marketing constituent un problème pour 83% d’entre eux

- le manque de soutien des libraires : un problème pour les deux tiers d’entre eux

- le manque de curiosité des lecteurs : un problème pour 42%

- et la correction : un problème pour 35%

 

4. « 54% aiment la proximité avec le lecteur et 51% pensent qu’ils gagnent plus que s’ils passaient par un éditeur traditionnel. »

Mon enquête ne posait pas directement la question de la relation avec le lecteur. Pour autant, il semblerait que la grande majorité des auteurs avec qui je suis en contact apprécient vraiment le fait de pouvoir être directement en contact avec leurs lecteurs.

Concernant les revenus, 5 auteurs parmi 107 interrogés dans mon enquête (23 d’entre eux avaient souhaité ne pas s’exprimer sur ce point) avaient indiqué des revenus supérieurs à 1000 € par mois (avec 3 auteurs indiquant des revenus supérieurs à 5000 € par mois).

À noter que ces informations semblaient cohérentes au vu de leurs positionnements réguliers parmi les meilleures ventes numériques, mais qu’il serait intéressant de savoir comment ces chiffres ont pu évoluer depuis un an.

Je pense que la comparaison entre les revenus des autoédités et ceux des auteurs publiés par un éditeur devrait être permise à une seule catégorie d’auteurs autoédités : les auteurs hybrides, qui baignent à la fois dans l’autoédition et l’édition traditionnelle.

En effet, pour les autres, je ne suis pas certain que tout le monde ait une idée bien précise de ce que l’on peut réellement comparer. Par exemple, un auteur indé pet obtenir jusqu’à 70% de royalties sur certaines plateformes de distribution (plus précisément environ 64% une fois la tva et le coût forfaitaire de téléchargement déduits, chez Amazon, par exemple), au lieu de 8% en général avec un éditeur : ce qui pourrait laisser imaginer qu’il est facile de gagner plus en autoédition. Mais il est évident qu’un auteur inconnu qui n’écoule qu’une poignée d’exemplaires de son ouvrage aura des résultats inférieurs à ceux d’un auteur que son éditeur aura réussi à promouvoir efficacement.

Personnellement, j’aurais tendance à fortement conseiller le choix de l’autoédition pour les auteurs d’un premier roman dans un but stratégique : pouvoir ensuite contacter un éditeur, avec une expérience à l’appui, un lectorat déjà conquis et une bonne maîtrise des réseaux sociaux pour la promotion.

Il faut savoir qu’un premier roman constitue vraiment un pari risqué pour un éditeur : en moyenne, en France, il peinera à s’écouler à plus de 800 exemplaires (chiffres revus à la baisse par Gallimard il y a quelques mois, avec une tendance plutôt située aux alentours de 500 à 600). Même si un succès peut toujours arriver, proposer un contrat à un jeune auteur que personne ne connaît constitue donc surtout un pari sur le long terme.

Ensuite, il faut également préciser qu’au moment où le livre ne se vend plus, l’auteur devra renégocier l’achat de ses droits avec son éditeur avant de pouvoir redonner une vie à son ouvrage.

Rien qu’en France, 100 millions de livres sont détruits au pilon chaque année. Cette démesure de l’industrie du livre reste un profond tabou dans notre société, reléguant la production littéraire au rang de simple produit de consommation.

 

5. « Genre littéraire : 71% publient de la littérature générale (avec une forte proportion pour le roman érotique et la poésie), 31% des livres spécialisés et 15% du livre pratique. »

Les auteurs interrogés dans mon enquête étaient 12% à écrire des livres érotiques, et 15% de la poésie. Les genres qui se démarquaient étaient différents :

-       44% de romans et « littérature contemporaine »

-       39% de « science-fiction, fantasy et terreur »

-       23% de « livres policier et suspens »

-       17% de « récits et témoignages »

Les livres spécialisés représentaient des minorités (cuisine, politique, dictionnaires, philosophie, science et médecine, santé, développement personnel, informatique, ésotérisme, etc.)

 

6. « Temps passé à écrire : 35% des auteurs passent plus de 10 h par semaine à écrire et 13% moins d’une heure. »

Sur les 130 auteurs de mon sondage, plus de la moitié consacrent plus de 10 jours par mois à leur activité d'autoédition, avec 20% des auteurs l'exerçant à temps complet (26 auteurs).

Par ailleurs, 70% des auteurs interrogés ont déclaré consacrer plus de 4 jours par mois, mais cette question concernait l’autoédition dans sa globalité, et non seulement l’activité d’écriture…

 

7. « 60% passent moins d’une heure par semaine à promouvoir leur livre, 24% de 1 à 4 heures, 9% de 5 à 9 heures et 7% plus de 10 heures. Et ils investissent peu : 29% ne dépensent rien, 39% moins de 100 euros 11% de 100 à 199 euros et 21% plus de 200 euros ! »

Mon enquête ne posait pas la question du temps passé à promouvoir les livres, mais la promotion et le marketing étaient considérés comme un problème pour 83% des auteurs interrogés.

Concernant les investissements, je n’ai pas non plus d’informations concernant les montants. Par contre, je sais que leurs investissements concernent surtout :

-       recours à un coach ou conseiller littéraire

-       relecteur(s) (le plus souvent gratuitement, notamment via des échanges de services entre auteurs, mais parfois en payant)

-       correcteur(s)

-       rédaction du résumé de leur ouvrage

-       graphiste (couverture)

-       formatage numérique

-       site internet

-       copywriter (rédacteur de page de vente)

-       imprimeur (parfois, lorsqu'il s'agit d'effectuer un stock de livres et de ne pas avoir recours aux services d'impression à la demande)

-       traducteur (12% des auteurs interrogés avaient au moins un de leurs ouvrages traduit en anglais…)

 

8. « Quel format ? 55% des indépendants publient en version papier et ebook, 40% uniquement ne papier et 5% qu’en numérique (ce dernier chiffre est assez étonnant car bien évidemment les auteurs passant par KDP ou Kobo ne sont pas ou peu pris en compte étant donné le panel). »

L’autoédition, si elle est facilitée par le format numérique, garde effectivement un profond intérêt pour le format papier.

Les 130 auteurs interrogés dans mon enquête étaient majoritairement concernés par l’édition numérique. Seulement 14% d’entre eux ne publiaient qu’au format papier.

 

9. « Du côté des lecteurs (338 répondants), 58% déclarent lire des ebooks. 77% connaissent le concept d’autoédition et 65% déclarent avoir déjà lu un livre autoédité. Pour 77% d’entre eux l’expérience de lecture fut positive. »

De nombreux lecteurs reconnaissent être positivement surpris par les ouvrages autoédités (parfois, les auteurs indés font face à de profonds a priori, voire à un certain dédain clairement exprimé). Désormais, les blogueurs et booktubeurs se montrent un peu plus curieux vis-à-vis des ouvrages autoédités, semblant prendre conscience que ce qui fait la qualité d'un livre, c'est son contenu, et non son étiquette…

Les données de BoD et Édilivre s'avèrent très encourageantes : la meilleure façon de vendre un livre ne reste-t-elle pas le bouche à oreille des lecteurs ?

 

10. « Du côté des libraires (88 répondants), 75% déclarent proposer des livres autoédités. (pas de précision s’il s’agit de librairies en ligne ou physiques). 43% auraient déjà organisé des séances de dédicaces avec des auteurs indépendants. 90% ne sont pas opposés à proposer aux clients des livres autoédités à condition qu’ils soient référencés par un réseau de type Dilicom (pour faciliter le passage de commandes). Les libraires proposent des pistes pour améliorer la visibilité des indés : 65% voudraient de meilleures offres commerciales, 57% un contenu de meilleur qualité, 50% une meilleure mise en page, 47% un meilleur référencement et 41% une meilleure connexion logistique. »

Là aussi, cela traduirait une tendance à un meilleur accueil réservé aux indés, ce qui était loin d’être le cas il y a un an en arrière, lorsque les deux tiers des 130 auteurs interrogés pour mon enquête considéraient que le manque de soutien des libraires, autres institutions culturelles et différents médias, représentait un vrai inconvénient de l’autoédition.

Il y aurait donc fort à parier pour qu'une place de plus en plus importante soit donnée à l’autoédition dans le milieu du livre, dans les années à venir. Et si on se lamente parfois devant le constat que les Français préfèrent écrire et (tout) publier plutôt que de lire, on peut se demander s'il ne s'agit pas d'un phénomène de transition qui ne finira pas, au final, par relancer chez eux le goût de la lecture des autres.


[Image disponible sur : http://www.youscribe.com/catalogue/tous/litterature/creation-litteraire/infographie-bod-autoedition-2016-2707783 ]

18 Jan 2016

L'auto-édition ne gagnera pas en crédibilité sans la solidarité de ses acteurs

Au printemps dernier, j'ai publié l'analyse d'une longue enquête auprès de 130 auteurs auto-édités francophones. Mon livre L'auto-édition pourquoi comment pour qui est paru au mois de mars pour le Salon du Livre à Paris, dans le but de faire évoluer les mentalités en démontrant que les auteurs auto-édités sont parfois largement au-dessus de leur réputation d'auteurs au rabais, et que cette différence tenait principalement dans le fait que « auto-édition » et « auto-publication » ne sont absolument pas synonymes.

Malgré une certaine solidarité de la part de certains auteurs (qui n'avaient pas toujours participé eux-mêmes à cette enquête), le livre n'a pas été promu efficacement à son lancement.

Je suis en grande partie responsable de cet échec : j’ai commis l’erreur d’annoncer, dès le départ de l'enquête, que les résultats seraient diffusés gratuitement aux différents médias, dans le but de défendre l'auto-édition en apportant un regard objectif sur ses principaux acteurs, ce qui s’est avéré très naïf de ma part, du fin fond de ma vallée perdue entre les montagnes encore enneigées de Haute-Savoie, étant donné mon manque de contacts chez les journalistes d’une part, mais aussi compte tenu du travail énorme, que j’avais complètement sous-estimé, pour décortiquer et analyser les réponses apportées à cette grande enquête.

 

Il faut savoir que chaque auteur ayant répondu à mon formulaire a accordé environ dix minutes de son temps pour témoigner de son expérience dans l’auto-édition.

Je les remercie tous pour l’honnêteté de leurs réponses.

Deux profils ont été écartés du traitement des données parce qu’ils ne mentionnaient aucune publication ni gratuite ni payante, et 17 profils ont été en revanche conservés malgré le fait qu’ils ne répondaient pas aux critères imposés au départ (à savoir justifier de plus d’un an d’expérience en la matière). Pourquoi ? Parce qu’une grande partie d’entre eux avait déjà publié plusieurs ouvrages, certains avaient notamment déjà obtenu un certain succès, et les autres avaient apporté des réponses qui montraient qu’ils étaient particulièrement déterminés et bien renseignés sur l’auto-édition, et que leur manière d’appréhender cet objectif permettait d’apporter un éclairage intéressant sur le travail éditorial à effectuer en amont de la publication.

3 mois de travail m’ont été nécessaires avant de parvenir à l’analyse complète de toutes ces données.

Ne publier uniquement que les données statistiques de ce sondage n’aurait eu aucun intérêt, et c’est la raison pour laquelle j’ai pris le temps d’expliquer la situation actuelle des auteurs dans l’industrie du livre, et aussi le caractère très élitiste de la littérature dans la mentalité française en général.

J’ai essayé de montrer qu’opposer l’édition à l’auto-édition était une absurdité, et aussi que les auteurs avaient sans doute autant besoin des éditeurs que les éditeurs avaient besoin des auteurs. Confondre « auto-publication » et « auto-édition » relève d’une méconnaissance totale du sujet, voire, pire, d’un acte de mauvaise foi absolue.

Enfin, l’apparition du support numérique représente à mes yeux bien plus une opportunité de réconcilier des non-lecteurs avec la lecture, qu’un danger pour l’industrie du livre papier, et je pense que ces deux supports auront l’occasion de cohabiter pendant encore longtemps sans se concurrencer l’un et l’autre.

 

Il y a un an, au Salon du Livre de Paris 2015, l’auto-édition faisait une réelle percée dans l’actualité du livre, Amazon KDP en tant que grand agitateur en chef depuis 2012, mais aussi par le biais de nombreux prestataires, très récemment positionnés sur ce nouveau créneau très porteur.

Malheureusement, cette actualité a été complètement occultée dans les médias.

En France en tout cas… Car dans d'autres pays, moins conservateurs que le nôtre, l’auto-édition fait désormais partie intégrante du paysage culturel littéraire.

En Allemagne, par exemple, mon rapport d'enquête a bénéficié d’un article et d’une interview. (Il faut croire que nul n’est prophète en son pays !)

 

J’ai souvent regretté que ce livre, qui continue de se vendre de manière régulière tout au long de l’année mais sans visibilité majeure, n’ait pas été soutenu par l’ensemble des auteurs ayant participé à cette enquête, mais je dois reconnaître que j’ai fait preuve de nombreuses maladresses à leur égard :

-       tout d’abord en décidant de publier une enquête qui devait être diffusée gratuitement (mais je ne bénéficiais pas de la crédibilité suffisante pour qu'un média s’y intéresse, et ce travail méritait pourtant d’être mis en avant)

-       en publiant ensuite mon livre de manière non gratuite (j’avais passé beaucoup de temps à effectuer ce travail et c’aurait été une erreur de vouloir le diffuser gratuitement, car pour avoir déjà testé la gratuité en matière de promo, je suis convaincu que les lecteurs n’accorde majoritairement de la valeur qu’à ce qu’ils achètent)

-       en sollicitant tous les auteurs qui avaient indiqué leurs coordonnées dans le formulaire (un seul n'a pas souhaité le faire) au lancement du livre, en leur proposant de les rembourser de leur achat à 0,99€ pour les remercier de leur participation en échange d'un commentaire (positif ou critique) afin de contribuer à faire avancer le schmilblick

 

Même si une partie des auteurs indés avait compris mes intentions, et adhéré aussi à ma volonté de rassembler autour d’un état des lieux commun, ces maladresses m’ont valu une certaine suspicion à l’égard de la majorité de ces 130 auteurs (ou plus précisément 129, puisque j’avais moi-même apporté mes propres réponses à ce questionnaire).

Seule une poignée de ces 130 auteurs ont ainsi accepté de télécharger le livre (sachant que le nombre de téléchargements au lancement est un des principaux vecteurs de la visibilité auprès de nouveaux lecteurs), 3 auteurs ont accepté ma proposition de les rembourser de leur achat (d’autres m’ont fait part de leur souhait de ne pas être remboursés en respect pour le travail effectué)… et 2 ou 3 mails m'ont été adressés pour me reprocher de vouloir faire de l’argent sur le dos des auto-édités (absurdité au regard du temps passé, de l’énergie à essayer de promouvoir le livre, des frais engagés pour me rendre au salon à Paris, et je ne parle même pas de ces dizaines d’interviews d’auteurs indés publiées bénévolement sur mon autre blog pour apporter ma pierre à cette solidarité nécessaire), ou d’acheter des commentaires (cela eut été malhonnête de ma part si j’avais exigé des commentaires uniquement positifs, et surtout si ce livre n’avait pas été écrit pour défendre une cause commune).

Un de ces auteurs (je suppose) s’est même amusé récemment à cliquer sur « non » à la question du site Amazon « Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? » sur tous les avis donnés par les commentateurs.

Volonté de me nuire ? Idiotie : en agissant ainsi, ce sont les commentateurs, que l’on crédibilise, et non l’auteur du livre.

Bref. Que de rivalités absurdes et inutiles, motivées par d'absurdes jalousies, méprises et erreurs de communication, là où, justement, il serait à mon avis grand temps de passer du « Je suis un incompris, c'est moi qu'il faut lire » à « Regardez : nous sommes auto-édités et nous méritons autant de considération que les autres auteurs ! »

 

Depuis une dizaine de jours, j’ai le moyen de démontrer ma bonne foi en partageant sur les réseaux une nouvelle publication apportant un éclairage objectif sur l’auto-édition en tant que phénomène incontournable de la libre expression des auteurs à l’ère numérique : Publier son livre à l’ère numérique, de Marie-Laure Cahier et Elizabeth Sutton.

Mon travail d’enquête a été cité comme référence à plusieurs reprises dans ce livre, et j’en remercie à nouveau les auteures.

Ici, nous avons affaire à un livre qui aura, je l’espère, l’occasion cette fois de faire bouger les choses de manière plus crédible : en effet, ce livre a la particularité d’être publié en auto-édition au format numérique ET publié de manière traditionnelle, au format papier, par l’éditeur EYROLLES.
Rappelons au passage le puissant réseau dont bénéficie Elizabeth Sutton, co-fondatrice du site IDBOOX spécialisé dans le numérique.

 

Opposer l’auto-édition et l’édition est bel et bien une absurdité : ce sont les éditeurs eux-mêmes, qui le prouvent.

Jusqu’à maintenant, l’éditeur Michel Lafon (en tête) l’a démontré à plusieurs reprises en proposant un contrat à plusieurs auteurs auto-édités, repérés grâce à leur succès. Souvenons-nous d'Agnès Martin-Lugand, première auto-éditée à avoir gagné ses lettres de noblesse, en débarquant en librairie le 6 juin 2013 avec Les gens heureux lisent et boivent du café puis un nouveau roman chaque année et bientôt un quatrième, près à paraître !

Mais pour ce livre Publier son livre à l’ère numérique, pour la première fois, un ouvrage est publié simultanément en auto-édition numérique parallèlement à une édition à compte d’éditeur au format papier !

 

J’invite donc tous les auteurs ayant participé à mon enquête, mais également tous les auteurs auto-édités confrontés à l’indifférence des médias ou au mépris des libraires et des professionnels du livre, à apporter leur soutien à cette publication.

Encore une fois, je le répète : tout ce qui apportera un regard plus juste sur l’auto-édition fera du bien à l’auto-édition dans sa globalité.

Mettons en avant le succès des auteurs auto-édités, unissons-nous pour représenter une force, et gagnons la considération des médias et des libraires.

Non, nous ne faisons pas que de l’auto-publication, et il faut que cela se sache : nous nous soucions de nos lecteurs, nous faisons corriger nos textes, nous avons recours à des conseillers, des relecteurs, parfois des graphistes…

Dans « auto-édition », il y « édition ».

Ce travail qui représente toute la partie invisible de l’iceberg de nos publications, il est temps de le faire connaître !

Nous ne sommes pas parfaits, nous ne nous auto-suffisons pas, mais nous sommes des passionnés de l'écriture, de la liberté (aussi), nous n'avons pas peur de prendre des risques pour publier des ouvrages hors normes, audacieux et inclassables, et nous nous en remettons au verdict le plus juste : celui des lecteurs.

 

Concernant ces lecteurs, qui sont-ils ?

Méritent-ils d’être considérés comme des sous-lecteurs, une partie inculte de la population dont il faudrait ignorer les goûts et avis ?

Aujourd’hui, ce sont principalement des habitués du format numérique. Ô sacrilège ! La littérature et la modernité seraient-elles à ce point des valeurs incompatibles ?

Pour les autres, pour ces lecteurs « respectables » qui pensent encore que l’on ne devient un auteur qu’en étant anobli par un éditeur, qu’en étant présent en librairie et dans les médias, tout reste à faire…

Alors faisons-le ;-)

 

Se plaindre de ses chaînes n'a jamais libéré personne : si nous rêvons que certaines choses dans ce monde puissent changer, alors à chacun d'entre nous de contribuer à ce changement à la hauteur de ses moyens.

Auteur auto-édité, quelle sera ta "part du colibri", aujourd'hui ?

05 Jan 2016

L’idée d’écrire "L'envers de nos vies"…

Au départ, c’est la redécouverte du plaisir d’écrire des nouvelles, qui m’a motivé. Je n’avais pas encore l’idée de ce recueil. J’écrivais des nouvelles selon mon inspiration du moment, et sans savoir comment j'allais pouvoir ensuite les regrouper et si c'était vraiment possible.

En parallèle, j’ai commencé un long travail de développement personnel il y a trois ans, suite à un burn-out professionnel, et j’ai compris que la réussite, finalement, ce n’est pour moi qu’une affaire de bonheur personnel. Je ne parle pas d'égoïsme, mais d'authenticité : une façon d’être conforme à la personne que l’on aimerait devenir, meilleure que celle que l'on est et qui s'est souvent un peu engluée dans les différents rôles que l'on a appris à assumer au fur et à mesure des années.

Une façon de réaliser ses rêves. Tout simplement.

Nous sommes dans une société dans laquelle ce n’est pas sérieux, de rêver. Les rêveurs sont des marginaux. Il faut redescendre les pieds sur terre, et s’atteler à des tâches plus bassement matérielles : celles qui justement font les honneurs de la réussite sociale. Celle qui n'est qu'une illusion, puisque n'existant que dans le regard des autres.

Moi, je pense au contraire qu’il faut réhabiliter l’importance de nos rêves, car ils sont la manifestation de ce qui vibre en nous, de ce qui nous pousse à nous grandir, apprendre les différentes leçons de la vie, nous transformer et nous transcender.

Au lieu de refouler nos émotions, je crois qu'il faut apprendre à les écouter et comprendre à quel point elles sont représentatives de notre éloignement vis-à-vis de ces rêves qui nous sont si importants.

J'ai imaginé 3 groupes d'états d'esprit (les états dépressifs, les états de lutte, et les états positifs), comprenant chacun 3 états différents sur lesquels viennent se greffer différentes familles émotionnelles.

C’est cette théorie, qui m’a donné l’idée de ce recueil.

Ensuite, je me suis rendu compte que les 5 premières nouvelles que j'avais publiées pouvaient venir se greffer sur 5 échelons différents, et il ne me restait plus qu’à travailler sur celles qui me manquaient.

J’ai déniché des idées à retravailler parmi de vieux écrits personnels, et finalement, il ne m’en restait que 2 à écrire pour finaliser le recueil.

Comme je voulais rester au plus proche du ressenti, et que je suis quelqu’un de très sensible à l’émotion véhiculée par d’autres formes d’expression artistique, j’ai recherché des musiques qui pouvaient renforcer mes intentions en faisant office de transitions entre chaque nouvelle.

Par souci de respect des droits d’auteur, la solution que j’ai trouvée a été d’utiliser la plateforme Deezer.

J’invite mes lecteurs qui n’ont pas encore de compte ouvert sur cette plateforme musicale à en créer un. C’est gratuit. Et ils pourront ainsi accéder au contenu enrichi de mon livre, notamment s’ils le découvrent dans sa version papier puisque j’y ai recopié les différents liens, et inséré des flashcodes qui leur permettront d’y accéder directement (pour les moins novices d’entre eux) en se servant d’une application gratuite à installer sur leur Smartphone.

11 Dec 2015

L'auto-édition, c'est quoi ?

Afin de rapidement lever le voile sur certains malentendus, permettez-moi tout d’abord de rappeler ce qu’est exactement l’auto-édition (que l’on peut aussi écrire « autoédition »).

Lorsqu’un éditeur décide de publier un manuscrit, il lui est donné la possibilité de proposer à l’auteur deux types de contrat très différents :

• le contrat d’édition à compte d’éditeur, où l’éditeur se comporte comme un véritable producteur littéraire en proposant ce qu’on appelle un à-valoir (acompte délivré à l’auteur à la signature du contrat) et en assumant pleinement la part de risques liée aux dépenses nécessaires destinées à fabriquer et commercialiser le livre,

• ou le contrat d’édition à compte d’auteur, où l’auteur est alors plus ou moins clairement invité à participer aux frais de l’éditeur (avec souvent de nombreux abus recensés, pouvant aller jusqu’à l’escroquerie pure et simple avec disparition de l’éditeur dans la nature), et que les anglais appellent « Vanity Press » (une forme d’édition qui profite de la vanité des auteurs)

L’auto-édition, souvent confondue à tort avec l’édition à compte d’auteur, constitue pour un auteur une troisième manière de publier un ouvrage, en lui permettant alors d’endosser lui-même le costume d’éditeur.

Ainsi, pour la plupart des gens aujourd’hui, malheureusement, un auteur auto-édité, c’est un auteur qui a décidé de publier son livre tout seul sans rien demander à personne… et l’histoire s’arrête là.

Mais de la même manière que l’on différencie les bons éditeurs des mauvais en s’intéressant à ce qu’ils sont capables d’effectuer en plus du travail de publication, un auteur auto-édité n’est pas simplement un auteur auto-publié (son travail ne s’arrête pas à la publication).

UN AUTEUR AUTO-ÉDITÉ N'EST PAS UN AUTEUR AUTO-PUBLIÉ.

En effet, un vrai travail d’auto-édition consiste a minima à :
• écrire le livre (casquette d’auteur),
• le (faire) relire et le (faire) corriger (travail préalable d’édition),
• le publier (auto-publication),
• s’activer à le faire connaître (promotion),
• le mettre en vente (commercialisation),
• assurer son acheminement jusqu’aux lecteurs (distribution),
• puis écrire d’autres livres !

Et c’est justement dès le deuxième point que se construit toute la méfiance envers les ouvrages auto-édités : qui a fait, et comment a été fait le travail de relecture et de correction ?

Auparavant, toute maison d’édition sérieuse avait recours à trois correcteurs différents pour un seul manuscrit. Pour des raisons sans doute liées aux coûts que cela implique, cette précaution ne semble plus forcément être respectée. Des coquilles (pour utiliser un terme plein de diplomatie) se glissent en effet de plus en plus fréquemment parmi les nouveaux livres publiés. La version numérique du prix Goncourt 2011 (le roman d’Alexis Jenni, L’Art français de la guerre, publié par Gallimard) avait été publiée avec une bonne dizaine de « coquilles »… qui avaient été corrigées par les pirates eux-mêmes. (Inutile de relire cette dernière phrase, vous avez bien lu.) Par ailleurs, bon nombre d’entre elles, et notamment des fautes de conjugaison qui ne relèvent aucunement de l’emploi du subjonctif imparfait qui tend à devenir un peu obsolète, par exemple, figuraient également dans la version papier. J’imagine que de nombreux lecteurs se sont probablement étouffés en lisant des phrases comme « ils se rinçèrent la bouche de vin », « nous nous efforçions de vivre moins », « comment nous plaçerons-nous » (effectivement, c’est une question que peuvent se poser ces correcteurs qui avaient manifestement un problème avec la cédille), ou « à l’extrémité des ligne de transport » (oups, il manque un s), « ils mangaient des nouilles » (mais oui, bien sûr, mais estimons-nous heureux, on a échappé au pire si la coquille s’était glissée dans les nouilles), « tu ne va pas t’y mettre aussi » (à l’orthographe ?), « quand tout ceux qui ont vu » (je vois bien, oui !), « tu tourne le dos » (et moi je tourne de l’œil !)…

Oui, je sais, ça fait mal. Le mythe éditorial en prend un coup.

Mais je ne pouvais pas ne pas mentionner cette anecdote incroyable, qui permettra de réfléchir au degré d’exigence que l’on voudrait imposer aux auteurs auto-édités.

Car c’est évidemment sur cette brèche de la qualité orthotypographique que se bâtissent les meilleures argumentations, puisque oui, désormais, grâce à l’auto-édition, tout le monde sans exception peut effectivement publier (rendre public), n’importe quoi et n’importe comment, et ce d’autant plus facilement grâce à l’extrême rapidité des nouveaux moyens de publication numérique.

TOUT LE MONDE PEUT DÉSORMAIS PUBLIER TOUT ET N'IMPORTE QUOI. OUI.

L’auteur qui effectue le « choix » de l’auto-édition (est-ce vraiment un choix, l’enquête y répondra plus loin) prend donc le risque de faire passer ses ouvrages à l’arrière plan d’une audace qui sera généralement assimilée, dans le meilleur des cas, à de l’inconscience, ou alors, ce qui est probablement pire, à une formidable démonstration d’impertinence.

Car dans l’esprit collectif aujourd’hui, s’auto-éditer, ce n’est ni plus ni moins qu’un moyen de s’autoproclamer auteur.

Avec un livre auto-édité, on s’octroie un « titre d’auteur » un peu comme un dictateur s’emparerait du pouvoir par un coup d’état.

On n’est pas un « simple » blogueur qui publierait ses textes sur un blog.

Là, c’est différent. On touche à l’un des symboles de la culture (le livre), et ce qui pourrait faire office de sacrilège pour certains sera rapidement assimilé à un acte de vandalisme pour d’autres.

Avec un livre auto-édité, on s’introduit en plein cœur du royaume culturel par une entrée de service, sans invitation ni passe-droit, on se moque royalement des règles de bon usage, on se fraye un chemin parmi la meute du mieux que l’on peut, et on se couronne empereur de la littérature avant même que le moindre correcteur ait posé ses yeux d’expert sur la première phrase de l’ouvrage en question.

Ce portrait peu flatteur, qui ne manquera sans doute pas de faire sourire les principaux opposants à l’auto-édition, a pour but de reconnaître en toute objectivité qu’il peut y avoir effectivement, parmi les « auto-édités », des gens spécialisés dans la publication de contenus épouvantables, et chez qui le simple fait de « fer dis phôte d’ortograffe tout les trois maux » pourrait facilement être considéré comme une véritable déclaration de guerre à nos plus grands académiciens.

Mais derrière ces préjugés faciles, ces généralités désastreuses et ces caricatures grossières, je pense qu’il est temps d’élargir le débat à une prise en considération un peu plus juste d’un certain nombre d’auteurs plus sérieux, qui ont probablement toute leur place dans le monde des livres, et qui peuvent d’ores et déjà se féliciter d’avoir conquis un lectorat bien au-delà du cercle restreint de leur entourage.

Je crois en effet qu’il faut en finir avec cette croyance fausse et malsaine selon laquelle un auteur pourrait facilement s’imposer sur la scène culturelle avec un ouvrage absolument mauvais.

Les lecteurs peuvent-ils réellement manifester de l’intérêt pour rien ?

Au-delà des polémiques récurrentes au sujet de ce qu’est un bon livre, et si un livre commercial peut vraiment être considéré comme tel, ne doit-on pas laisser aux lecteurs le pouvoir de choisir les ouvrages qui leur correspondent le plus ?

Internet n’a-t-il pas au moins ceci de juste que les avis positifs ou négatifs se propagent impartialement de la même manière ?

Si un ouvrage honteux parvenait à s’extraire, comme par miracle, du petit cercle de connaissances de l’auteur lui-même, des avis plus objectifs ne se chargeraient-ils rapidement de reléguer ce torchon aux oubliettes du circuit de distribution ?

La vérité, c’est que :

ON NE DEVIENT PAS UN AUTEUR PARCE QU'ON PUBLIE UN LIVRE.
ON LE DEVIENT PARCE QU'UN CERTAIN NOMBRE DE LECTEURS L'ONT APPRÉCIÉ.

 

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Extrait de L'AUTO-ÉDITION POURQUOI COMMENT POUR QUI, Charlie Bregman

Disponible au format broché au prix de 9.50€

Ou en format numérique à 3.99€.

Toutes les informations et liste des points de vente sur ce site, sur la page consacrée à cet ouvrage :

http://charlie-bregman.iggybook.com/fr/l-autoedition-pourquoi-comment-pour-qui/

05 Nov 2015

NaNoWriMotion

#‎nanowrimo‬

Le 1er jour, tu veux écrire 10.000 mots d'un coup, whaou, tu as la patate, ton roman, qu'est-ce qu'il va déchirer...

Le 2e jour, tu te paies un jour de congé parce que t'es en avance...

Le 5e jour, tu te relis, et tu te dis putain, ils écrivent quoi, les autres qui sont toujours dans la course ?

Au bout de 10 jours, tu comptes tes mots tout seul, à la place du logiciel, ça prend plus de temps et ça te donne des excuses pour ne pas suivre le rythme...

Le 11e jour, tu tentes de te suicider en avalant la touche "Espace" de ton clavier (sans la croquer, évidemment, autant mourir en héros !)

Le 20e jour, toute ta famille est sans nouvelle de toi. Tu as disparu dans la nature pour te nourrir de déjections canines qui ont le pouvoir de te raviver l'inspiration.

Au 28e jour, tu reviens à la vie, tu nous ponds Guerre et Taies en 237.0000 mots non stop.

Le dernier jour, tu franchis la ligne d'arrivée avec un score d'un seul mot, mais le plus attendu, qui met définitivement un terme à ton calvaire : FIN. Tu jettes ton manuscrit dans un tiroir, et tu te brûles toutes les idées qu'il te restait en noyant ton inspiration dans un pub avec tes copains. Tu te paies toutes les putes de ton quartier en leur demandant de te faire crédit en attendant la livraison de ton jet privé, et tu t'offres 6 mois de repos bien mérité.

Le 1er juin, tu rouvres le dossier, et tu t'aperçois que tu t'étais gouré : sans touche "Espace", forcément, le score était exprimé en nombre de caractères.

Maintenant, le plus dur reste à faire : remettre un peu d'espaces dans tout ce bric-à-brac !

 

Allez. Courage !

#nanowrimo Jour 5.

Moi, ça avance... Et vous ?

01 Nov 2015

Le pitch de mon prochain roman

DIMANCHE 01 NOVEMBRE 2015 – 15 h. #NaNoWriMo

Pause au soleil…

Idée de fin affinée, plan restructuré, 8 premiers chapitres relus, corrigés et a priori définitifs.

+1021 mots. Prochain rapport dans la soirée… ;-)

 

Dans mon roman, on retrouve le personnage de Charlie quelques années après Vivement l'amour, qui se réveille en sursaut, en pleine nuit, le jour de ses 18 ans, à la suite d’un cauchemar.

Ses parents lui apprennent qu’il ne partira pas à l’école de cinéma dont il rêvait, mais à la HCS Academy, une école dont personne n’a jamais entendu parler, mais a priori réputée, d’après son père, pour fournir à ses étudiants les meilleurs atouts pour leur permettre de devenir des battants dans la vie.

Charlie n’a aucune idée de ce qui l’attend.

Il sait seulement qu’il n’a pas la moindre envie de devenir un battant, mais juste un homme libre… ;-)

 

À l’heure où j’écris ces lignes, Charlie se fait enlever loin de sa famille et de ses amis, et va enfin découvrir ce qui se cache derrière la « C.A.S.H. Academy »…

To be continued…

31 Oct 2015

Je me lance dans le défi du NaNoWriMo 2015

DIMANCHE 01 NOVEMBRE 2015 – 10 h.

Ça fait trop longtemps que je dois l'écrire, ce deuxième roman, que je trouve tous les prétextes imaginables pour fuir ma peur que les lecteurs ne soient pas au rdv, que je publie d'autres projets, que je me consacre à aider les autres pour ne pas m'aider moi-même...

Alors voilà, c'est parti, j'ai le cœur qui se réveille et les mots qui coulent dans mes veines, un personnage qui vibre, un destin qui l'appelle, je ne sais pas encore si je vais être capable de lui apporter tout ce qu'il attend, je ne sais pas non plus si je vais réussir à trouver l'énergie jusqu'au bout, mais je relève le défi de terminer ce roman à la fin du mois pour le publier avant Noël.

Je participe donc au NaNoWriMo 2015.

Je pars avec quelques chapitres définitifs d'avance (tricheur !) mais toujours avec le défi de plus de 50.000 mots avant le 30 novembre.

Je ne sais pas si c'est possible.

Je sais que certains pensent aussi que c'est impossible.

Mais ça me rappelle les charrettes de l'école d'archi, il y a vingt ans, quand les profs se faisaient un malin plaisir de nous faire refaire tout le projet une semaine avant le rendu. À chaque fois, c'était impossible. Mais à chaque fois, nous l'avions fait ;-) Pour obtenir nos certificats, la moyenne était à 12/20. À la fin de ma deuxième année, à cause de mon mauvais niveau en dessin, j'en avais 4 à repasser sur 8, tous manqués à quelques points seulement.

Tout le monde me disait que c'était impossible d'obtenir le diplôme. Tout le monde m'avait conseillé d'abandonner, tout simplement parce que c'était impossible.

Je suis une tête dure. Je suis resté. J'ai eu mon diplôme et suis sorti 6e de promo.

On ne réalise pas des exploits parce qu'on le peut : on les réalise parce que le rêve l'emporte toujours sur l'impossible !

C'est le thème de mon roman.

Ce sont mes encouragements pour tous les participants ;-)

 

Rdv ce soir pour un premier bilan.

Bonne journée à tous !

28 Oct 2015

Comment développer son imagination ?

17% des Français seraient l’auteur d’un manuscrit, publié ou non.

Écrire un livre fait partie des rêves personnels les plus répandus… mais que très peu de gens parviennent à concrétiser.

Pourquoi ?

 

Pour moi, pour mener un projet d’écriture à son terme, 5 bagages sont indispensables :

• une imagination riche et fertile

• l’envie d’écrire

• la maîtrise de l’écriture

• un engagement réel et régulier

• la patience de la réécriture

 

Mais peut-être pensez-vous ne pas avoir d’imagination ?

Si tel est le cas, je n'ai qu'un seul conseil : retrouvez votre âme d’enfant ! L’imagination, c’est le trésor de l’innocence. Le contraire de l’analyse et du jugement.

Si vous voulez développer votre imagination, il va falloir apprendre à lâcher prise. Accepter de laisser entrer l’inconnu en vous. Commencez par réapprendre à regarder ce qui se passe autour de vous sans chercher à le juger. Intéressez-vous à la diversité humaine, et cherchez à établir de nouvelles connexions, de nouvelles façons de la regarder.

Que savez-vous de l’éboueur qui s’active en bas de chez vous ? Où vit-il ? A-t-il une famille ? Pourquoi est-il éboueur ? Quel est son secret ? Votre voisine d’en face est danseuse à l’opéra ? Comment se déroulerait leur confrontation improbable, s’ils se retrouvaient coincés dans un ascenseur, tous les deux ? Se trouveraient-ils des points communs ?

Libérez votre imagination en l’obligeant à se confronter à des mondes que tout oppose en apparence. Une pratique fréquente d’exercices de ce style décuplera indubitablement votre potentiel à ce niveau.

 

Ensuite, saisissez toutes les occasions de développer votre créativité !

Créez vous-même vos cartes de vœux, vos messages d’anniversaire. Le célèbre designer Philippe Starck commençait ses journées en s’imposant un minimum de dix nouvelles idées sous forme de croquis.

Si vous avez des enfants, prenez le temps de jouer avec eux et de leur raconter des histoires ! Demandez-leur de vous imposer vos personnages. Y aura-t-il des sorcières, des fées, des dragons, des schtroumpfs ? Qui sera le plus méchant ? Quel sera son pouvoir ? Les enfants sont un excellent indicateur pour savoir si votre narration est ennuyeuse ou si vos rebondissements valent le coup. Ils ne tricheront pas. En participant au développement de leur imaginaire, ce sera votre imagination à vous, que vous solliciterez. D’une pierre deux coups… et tout ça dans l’amour familial. Que demander de plus ?

 

Enfin, relaxez-vous !

Allongez-vous confortablement sur le dos, dans un endroit calme, et faites des exercices de visualisation : les 7 couleurs de l’arc en ciel, les aiguilles d’une montre qui font le tour du cadran, sentez votre corps plus lourd, puis plus léger…

Grâce à ces exercices, souvent beaucoup plus difficiles qu’ils n’y paraissent, vous renforcerez votre capacité à vous concentrer, et la concentration est indispensable à une bonne maîtrise de l'imagination : « Sans concentration, l’imagination ne restera toujours pour vous qu’un cheval sauvage que vous ne parviendrez jamais à monter ! »

 

Quand écrivez-vous votre livre ?

20 Oct 2015

Comment écrire un e-book à vendre sur Internet ?

[Ce billet est un article invité d’Olivier Roland.]
 

Nous vivons dans l’ère de l’information, dans un monde dans lequel on peut tout obtenir immédiatement et sans délai.

La vente des e-books est devenue populaire, car ils sont facilement transmis, facilement stockés, et peuvent être lus partout, notamment sur un Smartphone dans les transports en commun.

Il est maintenant grand temps d’écrire votre propre e-book afin de réaliser, vous aussi, des profits.

 

Vous n’avez pas d’imagination, n’êtes pas doué pour la fiction ?

Et si vous écriviez des infoproduits ?

 

Petit récapitulatif des 5 conseils que le blogueur qu'on ne présente plus, Olivier Roland, présente sur son site http://www.des-livres-pour-changer-de-vie.fr.

 

1. Choisissez un sujet !

De préférence, choisissez un sujet qui vous passionne et sur lequel vous êtes intarissable. Pensez par exemple aux expériences de votre vie qui ont été particulièrement riches d'enseignement pour vous. Quelle leçon en avez-vous tirée ? Comment pouvez-vous la partager avec vos futurs lecteurs ?

 

2. Dressez un plan !

Si vous avez su écrire des dissertations au lycée ou au collège, vous pouvez tout aussi bien écrire un livre électronique. Décidez des grands thèmes que vous aborderez et notez quelques idées dans un journal, durant quelques semaines avant de commencer à écrire le livre.

 

3. Faites des recherches !

Tout comme pour la rédaction d’un simple billet de blog, vous devez imager votre discours de différents exemples qui soutiendront vos idées. Surfez sur Internet pour y lire d’autres articles qui vont dans le même sens que les idées que vous souhaitez développer. Trouvez les ressources qui aideront vos lecteurs, sur des forums, des articles et des blogs directement concernés par votre sujet. Enregistrez les liens vers ces sites pour plus tard.

 

4. Demandez l’avis de vos proches !

Demandez à vos amis, famille et collègues de relire votre e-book. Demandez-leur d’être très honnête. N’hésitez pas à écouter toutes les suggestions qui permettront d’améliorer votre livre. Corrigez les erreurs et apportez les modifications nécessaires.

 

5. Illustrez votre livre !

Ajoutez des photos à votre ouvrage. Par exemple, un pâtissier peut vouloir montrer des photos de ses gâteaux terminés, les étapes du processus de décoration, des photos d’ingrédients, sa participation à des concours et les prix qu’il a gagné… Si vous ne disposez pas de vos propres photos, utilisez des photos libres de droit que vous trouverez sur des sites spécialisés sur Internet. Tout comme dans les magazines, les photos rendent la lecture plus intéressante.

Lien : http://www.des-livres-pour-changer-de-vie.fr.

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