Blog

11 Sep 2018

Ma préface pour le livre de Florence Samson

La vie, vous la désirez avec, ou sans violence ?

La violence est partout. On nous la bombarde du matin au soir, et même pendant la nuit, pour peu que nous ayons l’idée saugrenue de vouloir lui échapper dans des rêves dans lesquels elle ne serait pas conviée.

On nous la raconte, on nous l’explique, on nous la communique : j’entends par ce terme le fait qu’on nous la transmette. Comme une dose létale. Comme un venin, un poison, un de ces ingrédients dont on sait à quel point il est malsain, mais auquel on ne pourra pas échapper.

Au cours du XXème siècle, le monde n’a cessé de nous montrer à quel point l’Humanité avait franchi des points de non retour dans la violence. Les armes de destruction ont désormais atteint des niveaux d’inconscience qui suffiraient à rayer de la carte un pays comme la France, d’une seule et même bombe.

 

L’être humain est-il définitivement mauvais, destructeur, inconscient ?

Irresponsable ?

Indigne de cette si belle planète qui est pourtant la sienne ?

 

Ce livre de Florence Samson explore la réalité de la violence sous toutes ses formes, à l’échelle collective, mais aussi à l’échelle individuelle. Car c’est bel et bien là que le bât blesse : la violence apparaît dès que l’être humain estime devoir défendre sa manière de percevoir les choses contre celle d’un autre.

La violence n’est donc qu’une confrontation de deux points de vue qui ne s’écouteront pas, qui ont fait le choix de détenir une légitimité qui serait supérieure à celle de l’autre ; ou, plus rarement, d’une volonté très déterminée de l’un de prendre le pouvoir, imposer ses croyances, ses convictions, ses aveuglements et ses manières de vivre et de penser, sur l’autre.

La violence n’a donc pas besoin de deux adversaires qui l’alimenteraient tour à tour pour exister. Elle peut être à sens unique. Comme c’est le cas par exemple pour le terrorisme. Elle n’existe que là où peut exister un rapport énergétique dans lequel l’un jouera son rôle de bourreau, et l’autre, son rôle de victime.

La violence naît du refus de dialoguer, et donc du refus de considérer l’autre comme ayant des besoins fondamentaux et UNIVERSELS qui peuvent pourtant se compter sur les doigts d’une seule et même main :

un besoin de survie

un besoin de sécurité

un besoin d’aimer et d’être aimé

un besoin d’estime et de se sentir utile aux autres

et un besoin d’épanouissement, qui implique la soif d’apprendre et de comprendre, et donc de développer des aptitudes qui partiraient parfois d’un niveau d’ « incompétence inconsciente » pour atteindre celui de « compétence inconsciente » (automatique).

 

La violence est la représentation de la supériorité du renoncement sur l’optimisme.

De la peur sur l’ouverture.

D’une perception de « l’autre » comme étant une partie détachée et hostile à soi… contre une autre perception des choses qui nous permettrait de considérer justement ces « autres » comme étant des semblables, ou tout simplement comme d’autres versions de l’humanité que nous sommes au plus profond de nous.

 

La violence est donc la victoire de la notion de « différence » sur  celle d’ « universalité ».

 

Mais cette violence est-elle pour autant une fatalité ?

N’est-elle pas le choix, conscient ou inconscient, convaincu ou involontaire, que cette valeur abstraite qui est la notion de « différence », devrait rester supérieure à celle du sentiment d’appartenance à une seule et même espèce humaine et planétaire ?

Cette violence peut-elle disparaître dans une société dans laquelle le culte de l’image et la mise en avant des égos passera toujours devant l’exploration de ce qui nous rassemble ?

 

L’être humain disposera toujours de son libre-arbitre devant la possibilité d’un avenir avec, ou d’un avenir SANS violence. Mais comme l’explore Florence Samson dans ce livre, la paix ne peut naître que là où l’être humain aura été capable de l’instaurer d’abord à l’intérieur de lui-même.

Nous sommes comme les cellules vivantes d’un seul et même organisme collectif.

L’humanisme est notre seule chance de salut, notre seule manière de comprendre ce en quoi nous sommes des êtres complémentaires, et non des êtres destinés à perpétuellement lutter dans l’adversité.

Cet humanisme ne peut naître que de ce qui nous rassemble, et non de ce qui nous divise.

Cela signifie encourager les langages universels contre ceux qui entretiennent toute idée de communauté. Le poids des mots que nous choisissons restera toujours inférieur aux émotions et aux rêves que nous serons capables de réveiller et partager avec les autres.

La musique, les arts, le dessin, l’architecture, la littérature, le cinéma, la nature, la danse, la cuisine… tout ce qui ressuscite l’émerveillement et la joie de se sentir vivant, dans ce monde qui ne cesse de perdre de son humanité, à force de focaliser sur des objectifs d’efficacité et de croissance, est à mettre en avant.

La culture n’est pas la cinquième roue du carrosse de notre humanité. Elle en est au contraire l’essence même.

L’être humain ne cultive pas du vent, lorsqu’il dresse des ponts entre différentes manières de percevoir le monde ! Il cultive ce qu’il y a de plus précieux chez lui : son humanité.

Et donc, son besoin universel… de PAIX.

Vivre avec ou sans violence, cela restera toujours un choix.

Un choix planétaire, un choix politique, un choix économique, un choix humain… mais qui ne pourra jamais aller bien loin tant qu’il ne développera pas ses racines tout en bas de l’échelle individuelle.

Encourageons tout ce qui rassemble plutôt que ce qui divise. Encourageons le bonheur de vivre les mêmes heures, la richesse d’avoir des sentiments, les plaisirs indicibles de nos plus beaux émerveillements ! Et commençons aussi par encourager l’autodérision contre l’humour qui se moque : car là où un être humain est capable de rire de ses propres défauts, il ouvre une porte sur une des meilleures armes de la paix : l’empathie.

 

Je formule le souhait que ce livre réveille des questionnements, et permette de tirer les dés d’une Humanité plus consciente, plus optimiste, plus créatrice, et plus spirituelle.

L’auteure a cette humilité rare de reconnaître qu’elle ne détient pas la vérité. Mais elle explore. Elle montre et suggère, avec ses points de vue à elle qui ne seront pas forcément toujours les vôtres.

Avec ou sans violence, ça commence déjà par là, là où les livres resteront toujours parmi les plus grands trésors de l’être humain : une autre manière de percevoir, d’explorer, de comprendre, et donc de contribuer au souffle du monde.

 

Florence Samson a fait le choix de la paix.

C’est le choix que je fais également.

Plus qu’un rêve, plus qu’une utopie, la paix constitue l’un de nos plus beaux avenirs possibles.

Libre à chacun de se positionner, en pleine conscience, de quel côté il souhaite œuvrer pour le monde d’aujourd’hui, le monde de demain, et le futur d’une humanité devant son impératif et imminent besoin… de se réveiller.

 

------------------------------
Avec ou sans violence, Florence Samson
Livre à découvrir aux éditions L'Harmattan :
https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=60552

27 Aug 2018

Le burn-out, dernier message de l'âme qui souffre…

Après une vingtaine d'années passées à expérimenter (aussi bien dans le domaine du travail que dans ma sphère personnelle) des relations humaines prisonnières de leur triangle énergétique infernal « bourreau / victime / sauveur », j'ai eu la CHANCE de pouvoir être rattrapé par un burn-out… que j'ai décidé d'écouter plutôt que de faire taire.

 

La sortie de ce que je considérais jusqu'alors comme étant ma "zone de confort", mais qui n'était en réalité qu'une « zone d'inconfort » (zone de souffrances acceptées car habituelles) m'a demandé plusieurs années, durant lesquelles j'ai traversé des moments terriblement difficiles jusqu'à ce que je comprenne enfin le vrai pouvoir du lâcher-prise :

1. On ne peut pas rendre heureux quelqu'un qui a fait le choix (conscient ou inconscient) de ne pas l'être

2. On ne peut pas être aimé si l'on ne s'aime pas soi-même

3. On ne peut pas accéder à des résultats contre lesquels nos propres croyances intérieures ne cessent de développer des arguments contradictoires (et donc des auto-sabotages).

 

Lâcher prise est pour moi un acte de prise de conscience à part entière, qui permet de laisser émerger les réflexes inconscients qui nous restreignent pour reprendre complètement la vraie responsabilité de notre propre vie.

 

Je suis aujourd'hui un homme libre, qui considère que la réalité est à l'image de la manière dont nous la percevons.

Chaque épreuve nous confronte à deux choix possibles entre le fait de se considérer victime, ou bien le fait de se considérer « enseignable devant la Vie ».

Chaque épreuve, aussi dure est-elle, peut tout aussi bien s'imposer comme une terrible souffrance (domination de l'inconscient)… ou comme une formidable opportunité de réaliser un nouveau bond de conscience.

 

Plus que jamais, je sais désormais à quel point le Petit Prince avait raison : l'essentiel est invisible pour les yeux.

Dans un monde dans lequel nous avons construit nos personnalités grâce à tout ce qui est explicable et pragmatique, j'ai choisi désormais de rester à l'écoute de mes ressentis, de mon intuition, et des énergies évidentes qui constituent chaque être vivant sur cette planète.
Je ne cherche plus à maîtriser l’avenir, mais à me rapprocher du vrai pouvoir créateur de chaque instant présent… et cela grâce à une intelligence qu'il est grand temps de réhabiliter : l'intelligence du CŒUR.

 

Afin d'accompagner le bien-être de celles et ceux qui souffrent de ne plus trouver leur raison de vivre dans ce monde, j'écris des livres qui parlent du bonheur comme destination ET comme carburant… dans un monde qui se trouve à l'aube d'une ère nouvelle, dans laquelle l'amour, la liberté, les prises de conscience et la réalisation d'un véritable NOUS collectif l'emportera sur les enjeux de pouvoir, la lutte des égos et le règne de nos côtés "ombre" sur notre véritable pouvoir créateur.

 

Bref. Comme il y a eu l'époque de la Renaissance, je considère aujourd'hui que l'Humanité vit la transition la plus importante de son histoire : son ÉVEIL.
Donc bel éveil à vous !
Bel éveil à nous !
Et ne tardons pas trop dans les draps de nos prisons, car le temps passe, les jours sont comptés : la maison brûle, et l’avenir de nos enfants commence vraiment à sentir le roussi.

24 Apr 2018

Qu'est-ce que l'égo ?

Je partage ici ma réponse à une question que l'on m'a posée ce matin, sur Facebook, au sujet de l'égo et du mental.
Qu'est-ce que l'égo ?
Qu'est que ça veut dire, "être dans le mental" ?

Je sais que beaucoup de gens dans le milieu de la spiritualité considèrent l'égo comme une plaie, comme quelque chose qui ne devrait pas exister.
Pour le moment (elle peut évoluer), ma compréhension de la vie me montre les choses sous un autre angle :

Pour moi, l'égo n'est qu'un moyen "provisoire" (à l'échelle de notre évolution collective) de protéger l'âme vis-à-vis des maux générés par les peurs collectives.
Revers de la médaille : il nous enferme dans nos propres peurs individuelles, nées de nos confrontations aux 6 différentes blessures archaïques (trahison, rejet, abandon, humiliation, injustice et impuissance) ou simplement héritées de notre patrimoine génétique, et nous oblige ainsi à résoudre d'abord en nous-mêmes des peurs qui ne sont ni plus ni moins que celles que l'on retrouve au niveau collectif.

Comme on ne vit au final qu'au contact des autres, être dans le mental, c'est être dans une perception de la réalité qui est limitée par cet égo "cocon" ou "carapace" (selon l'intensité de nos propres peurs, souvent inconscientes).

Quand on est dans le mental, on perçoit de la réalité ce que l'on est capable d'en percevoir, à travers ce filtre plus ou moins bouché qu'est l'égo. Càd que l'on ne perçoit en somme que nos propres projections "mentales" de cette réalité, dictées par la liste officielle de nos 5 sens, qui sont en réalité bien plus nombreux (pour en avoir expérimenté d'autres, je le sais).

L'égo n'est donc pas un ennemi. Il est notre allié. Il nous permet de résoudre à l'intérieur de nous-mêmes ce que nous souhaiterions changer chez les autres (cf citation à peu près similaire de Gandhi).
C'est en travaillant sur nos peurs individuelles que l'on participe "inconsciemment" (mais le terme approprié serait plutôt "directement") à la résolution des peurs collectives.
Par effet de résonance, mais peut-être aussi parce que partie et totalité ne sont que des hologrammes d'une même réalité... ;-)

Cela signifie aussi (n'en déplaise aux grands résistants de l'égo "spirituel") que nul ne peut changer le monde tout seul, qu'il n'y a pas d'élu ou de messie, mais que nous appartenons tous à un même processus d'évolution.
Chacun apporte sa pierre à l'édifice d'une plus grande conscience collective.

Malraux disait que le XXIème siècle serait spirituel. On y est.
Cela vibre en nous. C'est inscrit.
Certaines fleurs naissent avant les autres, mais toutes sont appelées à éclore à leur tour.

Enfin bref. C'était "ma" vision des choses.
Elle ne correspond pas forcément à la vôtre et nous avons tous "raison" d'une certaine manière, puisque la raison naît du mental.

Pour dépasser le mental et s'ouvrir à d'autres moyens (sens) de percevoir la réalité, un seul chemin : celui du cœur !

"Vivement l'amour !", quoi ;-)
 

05 Apr 2018

Éloge de la bienveillance

Lorsque j'ai pris conscience de véritable potentiel d'internet pour permettre de tous nous reconnecter à quelque chose de plus vrai que les rôles étriqués que nous nous donnons dans les petits casiers bien étiquetés de la société, c'était en 1997, à l'école d'archi, dans un cours optionnel qui était le seul à me captiver, tellement les autres faisaient redondance avec ceux que j'avais déjà suivi dans une autre école, et tellement l'enseignement de l'architecture virait à l'endoctrinement.

Je me souviens avoir eu des frissons d'excitation à l'écoute de ce cours magistral en petit comité, et m'être dit en moi-même : "Enfin !"

 

Pourquoi "enfin" ?

 

Aujourd'hui, lorsque j'entends des personnes récalcitrantes argumenter fièrement leur liberté de penser en se déconnectant d'internet, pour se fier aux doses de peurs quotidiennes des informations officielles, ou dire encore qu'on ne partage que des conneries sur Facebook, que les gens ont besoin de se la raconter, de partager des photos de leur nombril ou de ce qu'ils se sont fait à bouffer (cf. mon post clin d'œil d'hier), je voudrais dire qu'Internet est sans doute une des révolutions majeures de toute l'humanité, et sans doute la plus fondamentale depuis l'imprimerie de Gutenberg.

Pourquoi ?

Parce que l'ignorance est la pire des calamités de l'être humain.

Nous ne sommes que de petites consciences d'un grand tout auquel l'éducation ne cherche qu'à imposer ses réponses et limiter les questions.

Or, on ne progresse pas dans les réponses. Seules les questions permettent de pousser les portes de la compréhension.

Se satisfaire de réponses et se persuader que bah, ça y est, c'est fini, je suis majeur(e), j'ai eu mes diplômes, je me suis trouvé un boulot, je n'ai plus rien à apprendre du monde… et c'est le premier pas sur un raccourci qui mène tout droit vers l'abrutissement.

 

Donc je suis un fervent défenseur d'Internet.

Je le vois comme une possibilité de matérialisation de l'inconscient collectif, cette conscience invisible et supérieure qui fait de nous tous sans exception des petites parties d'un énorme système qui n'a cessé de nous réduire au niveau de notre libre-arbitre.

Cet inconscient peut être la poubelle de nos inconsciences.

Il peut être au contraire la première porte à pousser vers la révélation de quelque chose de bien plus grand.

 

Mon roman Vivement l'amour traitait de la quête d'identité… qui ne trouve sa raison d'être que dans l'amour que nous sommes.

Sleep Zone parle de la conscience comme entité multidimensionnelle… dont le mental n'est qu'un angle de vue extrêmement restreint.

J'écris ces romans comme on explorerait des territoires inconnus. Et c'est le cas. Ce n'est qu'à force de travailler la "matière" de cet imaginaire, couche après couche, que je parviens à en faire tomber une de nos plus solides illusions. Notre imaginaire n'est pas un petit plus dans la réalité : c'est le contraire.

L'imaginaire est le berceau de la conscience. Non seulement il la comprend, mais c'est lui qui la porte dans son processus d'évolution.

 

Depuis 2006, j'ai appris grâce à internet à exprimer une part de moi qu'il était difficile d'exprimer là où nous passons la majeure partie de nos journées : au travail.

Dans un monde dans lequel le devoir de conformité l'emporte sur l'opportunité de la différence, et où le devoir de croissance l'emporte sur le droit d'exister, j'ai fait le choix de partager ma perception du monde pour la confronter au regard des autres… avant de m'apercevoir qu'au final, cette perception du monde, nous sommes finalement une grande majorité de gens à la taire, de gré ou de force.

Les enjeux sous le poids desquels nous courbons l'échine s'imposent à nous sous forme de "responsabilités".

Mais combien de fausses "responsabilités" à faire tomber, parmi le grand royaume de nos illusions collectives ?

J'écris des livres dans le but parfois naïf, mais j'en suis persuadé, profondément humain, de percevoir la réalité au-delà de ces illusions.

 

Aujourd'hui, après un cycle de 12 années d'activité sur Internet, je suis fier d'avoir fait ma part du colibri, pour ouvrir des portes vers un inconscient collectif en pleine mutation.

J'ai eu deux blogs d'écriture,
un blog généraliste sur les nouvelles tendances et nouveaux paradigmes,
quelques livres publiés,
un blog consacré aux talents de l'édition indépendante,
une activité assez soutenue sur les réseaux sociaux,
j'ai accompagné en parallèle le développement conceptuel de deux startups,
j'ai exploré des pistes, à mes frais, au sens où j'en ai parfois fait les frais,
mais de toute cette aventure, je ne retiendrai que l'immense satisfaction d'avoir été là où j'avais besoin d'être :

Au cœur du changement.

Lisez beaucoup, soyez vrai, et ne vous accrochez pas à sans cesse avoir raison.
La raison n'est que la représentation de votre propre manière de percevoir les choses.

Seule la bienveillance nous rassemble.

29 Mar 2018

Charlie Bregman serait-il un fake ?

Nous vivons dans une société dans laquelle on n'est rien si l'on ne se montre pas rapide, efficace, et réactif. Dans cette société, l'importance de la réflexion (en tant qu'étude des conséquences probables de chacun de nos choix) et le devoir de responsabilité (vis-à-vis de l'impact que nous pouvons avoir sur les autres) sont relégués au rang de trouble-fêtes qui ne seraient que des obstacles aux notions de productivité, de croissance et de performance.
Donc de succès.

Cette manière d'appréhender le succès ne me correspond pas.
Si le succès, c'est de devoir sans cesse montrer sa réactivité à résoudre des problèmes que l'on n'aurait pas eus si l'on avait pris le temps de les considérer dès le départ, alors ce succès là n'est pour moi qu'une illusion de succès.

Pourquoi j'écris ça ?

Il y a trois ans, le nom de "Charlie Bregman" bénéficiait malgré moi d'une assez bonne notoriété dans le petit microcosme des auteurs indépendants. Or, depuis deux ans, ce même Charlie Bregman (mais bon sang, de qui parle-t-il ?!) n'a rien publié de nouveau. On peut donc s'interroger légitimement sur l'authenticité de ce monsieur en tant qu'auteur sérieux, écrivain potentiel, ou écrivain tout court.

Charlie Bregman ne serait-il donc pas un fake ?
oO

Faisons un bilan : ce monsieur a publié 3 guides qui concernent l'autoédition.
O.K., ce doit être un extrémiste contre les éditeurs. En plus, il a osé écrire des choses un peu rugueuses au sujet de l'élitisme littéraire, de la réticence hypocrite des libraires à présenter des livres d'indés sur leurs étagères, ou encore du tabou absolu que constitue le pilon. C'est un auteur dangereux dont on doit se méfier !

Il a publié un roman. Un seul, et c'était en 2012. Vivement l'amour… Tu parles, un livre qui mélange les genres au point que personne ne saurait dans quelle catégorie le ranger (jeunesse ? humour ? roman initiatique ? littérature générale ? spiritualité ? Bordel ! Un auteur ne peut donc pas faire l'effort d'un minimum de clarté ?)
Depuis, un deuxième roman est annoncé, avec des reports incessants qui font qu'on peut vraiment se demander s'il existe vraiment. Sleep zone. Un livre sur le sommeil. Manifestement, cet auteur s'est endormi sur le manuscrit !

En 2014, il entame une série de développement personnel, qu'il stoppe au deuxième volet parce que personne ne s'y intéresse… (Un écrivain écrit-il pour constituer une œuvre cohérente, ou bien pour trouver de la reconnaissance ? Non mais franchement ?!)

Fin 2015, il publie un recueil de nouvelles. Franchement, qui lit encore des nouvelles, en France, aujourd'hui ? Il n'est pas un peu à côté de la plaque, le Bregman ?
Vendu comme une exploration du corps émotionnel comme étant un moyen de mesurer la distance qui nous sépare de la paix en soi. Lol. Encore un ouvrage inclassable. Cet auteur est un marginal, c'est évident !

Et depuis… Ben…
Silence radio, le Bregman.

Du moins concernant les livres publiés. Car sur les réseaux sociaux, on le voit survivre à sa manière, à partager sur au moins 4 pages différentes des posts qui se veulent "positifs" ou "encourageant à une manière plus consciente et positive de percevoir la réalité", parler aussi de temps en temps de ses difficultés à mener de front la résolution des problèmes rencontrés dans sa vie personnelle, et le bouclage de cet hypothétique roman Sleep zone dont le suspens annoncé est en train de se construire une belle image de promesse de somnifère auquel l'auteur lui-même n'aurait pas résisté.

Donc Bregman est mort. Il faut le dire. Ben si : il faut se rendre à l'évidence.
Il nous raconte que son roman sortira bientôt, qu'il lui faut encore un peu de temps pour réécrire une énième fois la fin du livre qui ne lui satisfait pas (il serait pas un peu chiant sur les bords, à vouloir écrire et réécrire toujours le même bouquin sans pouvoir passer à autre chose ?!) mais depuis le temps que ça dure, ce cinéma, on est quand même en droit de se demander s'il n'aurait pas un peu viré mytho, le Bregman.

Alors. Mytho, le Bregman ?

On va lui poser directement la question : Hep, Charlie, entre nous, ton roman, c'est pour bientôt, ou c'est un fake ?

Et comme d'hab, le gars affiche un sourire, et répond à côté de la plaque :

-> J'ai décidé d'être un revendicateur de la lenteur !
Ce roman a été une aventure extraordinaire pour moi, il m'a permis de rassembler un peu toutes les pièces d'une compréhension du monde qui était en morceaux, et je ne pouvais pas le publier tant que je n'avais pas réussi à terminer le puzzle correctement.
Donc il sortira bientôt.
Quand il sera prêt :-)

-----
Non mais sérieusement, un écrivain, un vrai, c'est pas censé publier au moins un bouquin chaque année ?
Ce mec est un fake. Son authenticité ne peut être qu'une manière de manipuler les autres, et puis, entre nous, un gars qui renonce à parler de son côté ombre, c'est forcément une gars à qui il manque une bonne paire de couilles.

Ou alors… Charlie Bregman est une femme.
CQFD.

Ouais, c'est ça : on détient la clé de tous les mystères. Charlie Bregman est une nana qui n'a pas réussi à se faire passer pour un mec sur la durée.
Et cela explique au passage pourquoi 99,9% de son lectorat est constitué de nanas.

Un fake, j'vous dis ! ;-)
 

08 Mar 2018

Mieux vaut un livre tardif qu'un livre bâclé

Pour ceux qui suivent : mon prochain roman Sleep Zone devait sortir ce 8 mars 2018. Or, il nécessite encore du travail sur toute la deuxième partie. Je ne compte plus le nombre de chapitres recommencés, mais cette fois, ça commence enfin à correspondre à ce que je veux en faire. Le ton donné ne correspondait pas à mon intention de départ, et la structure même du récit empruntait un peu trop aux codes du polar.

Par ailleurs, il m'a été nécessaire de prendre le temps de mûrir ma perception du monde, sur laquelle repose tout le livre. Cette lente exploration à la fois philosophique et spirituelle me permet désormais de compléter le puzzle de ma propre compréhension de la vie dans son ensemble, et de donner une vraie cohérence à mes ouvrages en cours et à venir.

J'ai souvent lu que l'on ne peut écrire quelque chose de bon que dans la souffrance. Il est vrai qu'écrire un livre est une grande aventure, et le finaliser présente de nombreux points communs avec le fait d'accoucher. Mais pour autant, dans cette "souffrance", je ne me reconnais pas. Pour écrire ce que j'écris, il faut surtout de l'envie, il faut de la bienveillance, il faut de la volonté, de la rigueur, de la persévérance, oui, ça, c'est certain… mais il faut surtout prendre le temps de faire redescendre le mental au niveau du cœur.

Les aléas de ma vie personnelle, durant ces dernières années, ne m'ont pas permis de finaliser mes ouvrages "Charlie Bregman" au rythme que j'aurai souhaité. C'est comme ça. Je l'accepte, cela fait partie de moi, de mon parcours, et même si le prix à payer est élevé, même si je sais que conquérir ma place d'écrivain aurait été beaucoup plus simple en publiant un livre tous les ans, j'ai compris que c'est néanmoins dans cette écriture que je suis véritablement à ma place.

Dans un monde dans lequel les flashs d'informations ont décidé de nous montrer majoritairement ce qui ne fonctionne pas dans notre monde, j'ai fait le choix de ne publier sous ce pseudonyme que des ouvrages positifs, reboostants et audacieux. Cela s'appelle une contrainte créative. Elle ne m'empêche pas pour autant d'écrire d'autres ouvrages, en parallèle, qui pour le moment restent de côté en attendant que je leur trouve un autre moyen d'exister, sans doute via un autre pseudo.
 

Mais en attendant, pour revenir au fait que c'est ici que vous avez trouvé votre Charlie, je peux d'ores et déjà vous dire que Sleep Zone est un roman important pour moi.

Dans Sleep Zone, il y aura de l'humour encore, quelques uppercuts au passage comme cela était déjà le cas dans Vivement l'amour (mais toujours dans un souci d'explorer nos failles universelles plutôt que nos différences apparentes), du suspens (oui !), de la science, un peu de documentaire animalier sur le monde du travail, et puis surtout une bonne dose d'exploration des mondes parallèles, dans lesquels nos âmes…

Mais chut !
Pour le reste, ça relève du secret des lecteurs ;-)

18 Dec 2017

Qu'est-ce qui nous maintient en vie, au juste ?

Ce matin, sur un groupe Facebook dont je fais partie, quelqu'un a posé cette question :
« Qu'est-ce qui nous maintient en vie, au juste ? »

Sans doute y aurais-je répondu complètement différemment il y a quelques années seulement, lorsque j'étais encore pris dans l'engrenage d'une vie… dans laquelle la notion de survie l'emportait sur la notion d'existence.

Car vivre, c'est quoi ?

D'abord, survivre, oui. Se mettre en sécurité, avoir un toit, des revenus, de quoi manger, de quoi payer ses factures, de quoi assurer l'éducation de ses enfants, le confort de sa famille, entretenir les liens avec ses amis, ses proches…
O.K.
Mais une fois que la survie est assurée, nous faisons face à un besoin fondamental auquel nous sommes tous confrontés à un moment ou à un autre : QUEL SENS JE DONNE À MA VIE ?

Qu'est-ce qui va faire que ma vie, mes choix, mes décisions, mes actions, vont faire en sorte que je vais pouvoir m'extraire de la nécessité de survie… pour évoluer vers une version plus épanouie de qui je suis ?


Qu'est-ce qui nous maintient en vie, au juste ?
Qu'est-ce qui nous maintient "l'envie" ?


CAR LA VIE REPOSE SUR L'ENVIE.
La survie est un combat contre nos peurs.
La vie, elle, est une naissance de nos envies. Elle est le terrain d'expérimentation de notre propre perception du monde, et le berceau de matérialisation de nos rêves.

La vie commence là où la survie est assurée.

 

Pendant longtemps, lorsque j’œuvrais pour ma propre survie, je crois que c’est mon désir d’aider les autres, qui m'a maintenu en vie.
Cela m'a amené au bout d'une situation dans laquelle j'ai fait le constat que vivre à travers le bonheur des autres, c'est très différent de cultiver le bonheur en soi.

Et puis surtout, personne ne peut rendre heureux qui que ce soit qui n’ait pas décidé lui-même de l’être.

Dans ce rôle là, j’étais donc un sauveur. Et souvent le sauveur de personnes qui ne m'avaient rien demandé.

Car un sauveur croit toujours qu’il n'est là que pour sauver les autres.

Comme il est incapable de se sauver lui-même, il donne, il donne, il donne… et puis à force de puiser dans son énergie de vie, il en oublie ses propres besoins jusqu’à s’effondrer de ne pas recevoir ce que lui-même s’est interdit de recevoir de la part des autres.

Burn-out.


Donc, ce qui fait vivre, ce n’est pas de donner aux autres.

 

PREMIER THÉOREME DE LA VIE INCARNÉE :

CE QUI FAIT VIVRE, C'EST L'AMOUR…
QUE L'ON EST CAPABLE DE S'ACCORDER À SOI-MÊME.


À partir de là, la vie prend tout son sens : elle s’ouvre sur les projets, sur les rêves à accomplir, sur l'authenticité de nos rapports avec les autres, et surtout, sur des relations qui se hissent au delà du triangle infernal de Karpman « Persécuteur-Victime-Sauveur ».


C'est l'Amour, qui fait vivre.
Il n’appartient qu’à chacun de le réveiller en soi, pour le trouver aussi en chaque personne qu’il ou elle rencontrera.
Et c’est peut-être pour cette raison que le titre que mon intuition a jugé le plus adapté pour mon premier roman a été "Vivement l’amour".
Tout part de là. Uniquement de là.

L’amour, c’est la graine de l’envie. C’est la naissance de l’humour. C’est le sourire, c’est la joie de vivre, c’est le réveil de soi pour l’élan vers les autres.

Sans amour, aucune vie ne peut être vécue.

L’amour est la nourriture fondamentale de l’âme, et sans âme, nous n’existons pas. Nous ne sommes que des programmes de survie qui s’affrontent.
Des égos qui se livrent bataille, qui ne voient pas plus loin que les couches d’illusions qu’ils se mettent devant soi pour se protéger de leurs plus terribles peurs.

 


Oui, mais alors, si l’amour que je peux me porter à moi-même est à la base de tout, alors, vivre, c’est vivre comme un égoïste ? C’est ça ?
Je vis seul dans mon coin, et je me satisfais de mon propre amour ?

 

Non.

Vivre comme un égoïste, c’est vivre en se coupant des autres.

Or, nous ne pouvons pas exister sans les autres.

Réveiller l’amour en soi, en quelque sorte, c’est la première étape du processus de bonheur.

L’amour n’existe que pour être partagé.

Il part de soi pour aller vers les autres. Il vient des autres pour prendre toute son importance à l’intérieur de soi.

 

Cet amour que nous nous autorisons à nous-mêmes nous fait vibrer d'une différente manière.

Automatiquement, il va entrer en résonance avec l'amour d'autres personnes.

Celui ou celle qui vibre l’amour en soi ne peut pas rester seul(e).

Qu’il ait confiance. Qu’elle ait confiance.

Si je pense "solitude" et que j'ai peur de la solitude, je m'entoure de "solitude" et je vibre la peur.

Si je pense et vibre "amour", cela peut paraître naïf, mais c'est un fait : je vais étonnamment attirer à moi l'amour des autres.

C'est aussi pour cette raison que les célibataires doivent sortir du poids du "manque d'amour" pour "rencontrer" l'amour.


Les autres ne sont bizarrement que les reflets de ce que nous vibrons.

Nous ne sommes la plupart du temps que des miroirs les uns pour les autres. Sans ces miroirs, notre existence ne fait que suffoquer, tourner en rond, et reproduire inlassablement les mêmes schémas de souffrance.

 

Beaucoup de gens sont persuadés que les autres ne nous montrent que ce que nous refusons de voir à l'intérieur de nous-mêmes.

Bien que je sois le premier à me poser de sacrées questions sur ce que je refuserais de voir en moi lorsque je fais face à l'hostilité que pevent parfois me manifester certaines personnes à mon égard, je ne suis pas de cet avis.

Les autres nous montrent ce que nous refusons de voir à l'intérieur de nous-mêmes, oui…
mais jusqu’au moment où notre compréhension exprimée du monde bouscule les convictions les plus fondamentales de leur propre personnalité.

Là, nous réveillons leurs plus terribles colères, qui ne sont en fait que la manifestation des plus terribles peurs qui s’emparent de leurs pensées, qui dictent leurs actions, et modifient tout ce qu’ils percevront de la réalité.

Et ça, nous n’y pouvons rien.

Cela n’appartient qu’à eux.

Inutile de culpabiliser (victime), d’entretenir le conflit (persécuteur), ou même de vouloir les aider (sauveur).

Cela ne relève en aucun cas de ce que nous n’acceptons pas en nous-mêmes, mais bel et bien des illusions que nous avons réussi à faire tomber, à l'intérieur de nous-mêmes.

Lorsque nous sortons du triangle de Karpman, nous mettons les pieds dans un monde NOUVEAU, dans lequel ceux qui restent attachés au triangle infernal ne peuvent plus communiquer avec nous.

Lorsque vous avez joué le rôle du sauveur dans le triangle de Karpman, si la "victime" n’avait que vous pour survivre, elle va tout faire pour vous ramener dans ce triangle, quitte à faire de vous son "persécuteur".

Cela n'a rien à voir avec la personne que vous êtes.

C'est juste que, dans son monde à elle (la victime), vous êtes essentiel(le).

Sans vous, c’est tout qui s’écroule.
En attendant de pouvoir trouver la personne qui saura jouer le rôle que vous aviez joué.
(Car ce n'est pas vous, qui étiez essentiel : mais simplement le rôle que vous jouiez pour quelqu'un qui ne sait pas exister au delà de ce triangle infernal.)

 

Nos perceptions de la réalité (réalité « Karpman » et ce que je définirais sous le terme de réalité "consciente") font donc que nous ne vivons pas tous "dans le même monde".

Ne dit-on pas « Tous les deux, nous ne sommes vraiment pas du même monde ? »

« Oh là là, lui, il est vraiment perché ! »

Ou : « Elle, elle est vraiment terre à terre ! »

 

Chacun explore, matérialise et définit, à travers sa propre compréhension du monde, SA propre réalité d’un monde collectif que nous partageons pourtant tous.

Nous attirons ainsi à nous-mêmes les personnes qui énergétiquement correspondent à ce que nous "vibrons" du point de vue énergétique.

Dans le triangle de Karpman, la VICTIME va attirer ses persécuteurs et ses sauveurs ; le PERSÉCUTEUR va attirer ses victimes et ses sauveurs ; et le SAUVEUR va attirer ses victimes et ses persécuteurs.

 

Cela s’appelle LA LOI D’ATTRACTION.

 

Avant d’en faire l’explication de tous les secrets de l’abondance financière, telle qu’elle a été maintes fois révélée dans les livres de développement personnel, LA LOI D’ATTRACTION est avant tout une loi physique du monde physique. Ce que nous vibrons au niveau quantique attire à nous ce dont nous avons besoin au même niveau quantique.

 

Ce n’est pas de la croyance, de la superstition, de la magie ou je ne sais encore quelle étiquette chargée de jugement négatif : c’est de la science. Et de plus en plus d'expériences scientifiques publiées notamment sur la physique quantique démontrent cette réalité qui reste un vrai paradoxe pour la Science.

 

Dans ma vie, à chaque fois que j'ai pris une décision claire, avec un engagement à 100% et aucune place pour l'hésitation, j'ai pu mesurer la vraie force qui nous relie les uns aux autres.
Certains m’ont dit que j’avais eu beaucoup de chance. D’autres m’en ont voulu de leur démontrer que lorsque l’on croit à quelque chose, tout devient possible.
Au début, naïvement, j'avais cru qu'il s'agissait de simple volonté.
En réalité, le terme n'est absolument pas approprié.
La volonté fait implicitement référence à la force de caractère.
Or, la chance n'a rien à voir avec la détermination.
C'est même tout le contraire : elle n'est le résultat que de l'alignement entre les actions que l'on pose et les rêves que nous voulons manifester.
Là où la volonté cherche à imposer, l'alignement ne permet que d'accueillir !

 

Encore une fois, quand une réalité entre en conflit avec nos propres convictions, nous n’avons que deux possibilités :

- la nier…

- ou remettre en question nos propres convictions, pour accéder à une nouvelle perception de la réalité


La chance, ce n'est qu'une affaire de positionnement vis-à-vis de soi.

Faisons le ménage dans nos croyances personnelles qui se contredisent. Décelons nos propres paradoxes.

Le plus difficile est là. Nous sommes tous bourrés de paradoxes. Nous ne sommes que des paradoxes vivants.

Normal : d’un côté, les illusions imposées par les programmes de l’égo ; et de l’autre, une perception nouvelle de la réalité, qui se heurte au "socialement correct" imposé par les autres.

D’un côté, nos peurs. De l’autre, nos ailes.

D’un côté, la réalité du cocon dont on ne veut pas sortir.

Et de l’autre, la liberté des papillons que nous aspirons tous à devenir.



Combien de convictions personnelles qui se battent en duel à l’intérieur de chacun d’entre nous ?

Rien que sur l'argent, par exemple, tout le monde reconnaît que nous ne pouvons pas vivre sans argent dans ce monde actuel, mais combien ont des croyances castratrices vis-à-vis de ce besoin fondamental ?

« L’argent, ça pourrit les gens. »

« On ne devient pas riche par hasard… » (sous-entendu, pas sans exploiter les autres)

« On n’a pas besoin d’argent pour être une personne bien… »

etc.


Pour l'amour, c'est pareil.
Tout l'amour que l'on n'a pas reçu quand on était gosses, on le paie très cher tant que l'on n'est pas capable de le faire naître en soi.

Bien sûr, chaque parcours est différent. Nos convictions personnelles, notre perception du monde et des autres, tout ça ne dépend que des observateurs ou acteurs que nous sommes.


La réalité, c'est ce que l'on perçoit de l'invisible dans lequel on baigne.
Nous ne sommes que des filtres.

À chacun ou chacune de travailler sur les couches d'illusions qui le ou la maintiennent prisonnier ou prisonnière de SA propre perception des choses.

 

Moi, ce qui me maintient en vie…
c’est l’envie d’en comprendre chaque jour un peu plus sur ce qu’est vraiment la vie.

 

22 Nov 2017

En attendant que les roses s'ouvrent à nouveau…

Dans son jardin, ce matin, l’automne s’est invité. Les feuilles des arbres tapissent les terres refroidies, et les pétales des roses ont livré leurs plus belles couleurs endormies au pied de ces buissons qui les ont fait naître.

Le jardinier s’avance, les doigts prudents d’un côté et le sécateur de l’autre, et s’active à tailler ces fleurs séchées qui lui ont tant donné à voir et à respirer pendant toute l’année.

Il a le visage grave, l’œil empreint d’une indicible tristesse que seules les roses amoureuses savent lui détecter.

Il leur rend hommage, à sa façon, commémore ces puissants moments de grâce et d’harmonie dont la dernière saison va le priver.

Il se saisit de leurs dépouilles avec tendresse, inhale une dernière fois ce doux parfum qui n’existe désormais plus que dans les tréfonds de sa mémoire, et se résout à livrer au fond de son gros sac en toile de jute ces douces offrandes qui lui manqueront tant.

L’hiver approche. La neige n’est plus bien loin. Le manteau blanc viendra bientôt tout recouvrir, sous la domination du temps qu’il restera à attendre, et qui demeurera le seul grand maître de la cérémonie.

Mais derrière ces adieux résignés, le jardinier est loin d’avoir le cœur en exil. Derrière chacun de ses gestes parfaitement exercés, c’est le retour du printemps, auquel il se prépare : chaque année, un plant d’une autre variété lui apporte ici une poignée de fleurs que nul autre ne parvient à égaler.

Au bout de cette tige aux épines gigantesques, qui l’a souvent profondément griffé et qu’il tient malgré tout entre ses doigts nus, fermes et attentionnés, il y a une rose magnifique qui ne sait pas encore qu’elle existe.

Au retour des beaux jours, lorsqu’elle aura fait le deuil de ce long et glacial hiver, elle se gonflera doucement du trésor inestimable que la terre lui aura chuchoté. Elle prendra conscience de sa nature et de son évidence, et elle prendra alors tout son temps pour se faire belle, harmoniser ses couleurs, ses parfums, son volume et son éclat.

Le jardinier sera patient.

Tous les jours, il viendra vérifier que cette naissance se poursuit, mais sans jamais chercher à la précipiter.

Vouloir précipiter la magie des talents est la seule façon de les briser.

Et puis enfin, un matin, au moment où la rosée perle encore sur les jeunes feuilles encore fermes du printemps, d’abord hésitante, encore un peu timide, elle commencera à déployer cette splendide robe rouge aux reflets dorés et violacés.

Doucement, elle envahira tout l’espace, illuminera tout un jardin, et au moment où le jardinier franchira le seuil de sa maison, lui manifestera cette présence tant espérée depuis ces longs mois de silence : sa propre raison d’être, chargée de cette unique essence de bonheur qu’il incombait à elle seule de pouvoir lui apporter.

25 Apr 2016

À quoi ça sert, d'écrire ?

Ça sert à quoi, d'écrire ?

Bizarrement, ce n'est pas le genre de question que l'on se pose forcément lorsque l'on aime écrire... Pourtant, si l'on regarde les choses en face, il s'agit peut-être bien de la question qui revient le plus souvent parmi tous ceux qui ont le malheur de connaître ou fréquenter un écrivain : "Mais en fait, ça lui sert à quoi, d'écrire ?!"

Il y a un petit côté marginal, chez l'écrivain. Au mieux, on le considère comme un doux rêveur plein de naïveté, qui ne fera jamais de mal à une mouche ; au pire, il est complètement à côté de la plaque, complètement déconnecté de la réalité et absolument inapte à la vie en société.

Il y a quelques temps, un autre écrivain (sans doute un peu psy dans une double vie) m'a poussé jusqu'à l'analyse : "Mais bordel, pourquoi tu écris ?" (La question était plus subtile, vous vous en doutez... Entre marginaux de la même espèce, la compassion est forcément au rendez-vous.)
C'est vrai, ça ! Écrire, ça demande beaucoup de travail et de motivation, la majorité des gens ne lisent pas, et comme je n'ai pas d'éditeur et que je suis obligé de tout faire moi-même, je me retrouve avec de moins en moins de temps pour vivre ma vraie vie !
Suis-je maso ?

La vérité, c'est que j'ai longtemps écrit sans savoir pourquoi. Est-ce qu'on demande aux femmes enceintes pourquoi elles ont des envies de fraises ? Eh bien voilà ! Vous avez votre réponse, il ne faut pas demander à un écrivain pourquoi il écrit !
En fait, c'est simple : j'écrivais parce que (attention, les lignes qui vont suivre vont donner une image très psychotique de l'écriture !) quelque chose existait en moi mais je ne savais pas encore quoi. Le fait d'écrire me permettait de le nourrir, de le développer afin de mieux l'identifier, et ainsi commencer à mieux "le" comprendre. Comprendre qu'il s'agissait surtout de la personne que j'étais au fond de moi. Pas celle que les autres voulaient que je sois (un bon copain, un bon collègue, un bon employé, un bon mari, un bon père, un bon fils, un bon citoyen qui paie correctement ses impôts, etc.) mais la personne que j'ai envie de devenir.

On vient tous au monde avec une énergie vitale à partager, à diffuser autour de soi, et aussi pour grandir au contact des autres.
En grandissant, malheureusement, la société nous oblige à choisir un rôle professionnel en particulier, qu'il nous faudra jouer parmi les autres. Souvent, ce rôle, on doit le choisir sans vraiment le connaître. Ceux qui ne nous veulent que du bien nous demandent juste de les écouter cinq minutes en mettant de côté nos idéaux faits d'amour et d'eau fraîche, et nous expliquent que peu importe le rôle, ce qui nous rendra heureux, c'est le fric qu'il nous rapportera !

Lorsque l'on écrit, on met de l'ordre en soi. On apprend à faire le tri entre les rêves qui sont les nôtres et les convictions qui sont celles des autres. On apprend à identifier ses émotions, à savoir faire la différence entre une colère qui exprime une frustration, et une autre qui cache de la tristesse. On apprend à se comprendre. À s'approprier un mode d'emploi de soi-même. À y voir plus clair dans ses idées. À voir aussi que souvent, rien n'est vraiment noir, et rien n'est vraiment blanc. Une infinité de nuances existent entre le fait d'avoir raison et le fait d'avoir tort. Tout cela n'est toujours qu'une affaire de point de vue. Une histoire de croyances, d'éducation, de parcours, de culture, de convictions personnelles qui ne sont finalement que des programmes qui nous ont été transmis par les autres. Pire encore, je me demande de plus en plus si la physique quantique n'est pas la clé de tous les problèmes : pourquoi ne pourrait-on pas à la fois avoir raison ET tort ?! 
On a des idées sur tout, quand on a vingt ans. On sait tout, on est sûr de tout, et on ne veut rien savoir. Dès le moment où l'on se met à écrire, par contre, une meilleure lucidité s'invite sur le papier : tout ce que l'on croit savoir n'est souvent qu'illusion, et on n'a pas d'autre choix que de réaliser cet effort d'accouchement pour en prendre véritablement conscience.
Alors pour les envies de fraises, vous voyez que finalement, on n'en était pas si loin !

Écrire a donc été une façon pour moi de mettre en lumière ces illusions. Les extirper des ténèbres qui étaient en moi. Sans l'écriture, aujourd'hui, je ne saurais probablement pas qui je suis, ce que je veux et ce que je ne veux pas.
Je serais certainement le bon maillon d'une chaîne qui ne m'appartient pas, le bon rouage d'un système auquel j'ai du mal à adhérer, le bon individu parmi une civilisation en plein naufrage, mais assurément, je ne serais pas moi.

Je ne suis pas en train de faire l'apologie de l'individualisme : c'est tout le contraire. Dans notre société, l'image de soi, la confiance en soi, l'affirmation de soi, bref, tout ce qui peut permettre de se différencier des autres, est fortement mis en avant. Le culte des égos n'est pas qu'une légende : il est l'essence même de toutes les réussites sociales, la base de tous les conseils qui vous aideront à acquérir le maximum de responsabilités dans le monde du travail.
Pourtant, bizarrement, plus on se rapproche avec authenticité de la personne que l'on est, et plus on se rapproche du genre humain dans son universalité. Là où justement, aucune hiérarchie n'a sa place !
Lorsque dans mes livres, je m'amuse à tomber le masque des rôles que la société me demande de jouer, je ne parle plus de mes failles à moi : je parle des failles que nous avons tous.
Je ne parle plus de mes erreurs à moi (mon nombril, tout le monde s'en fout et c'est bien normal, chacun a d'autres soucis que de se préoccuper de ceux des autres !), je ne parle plus de mes mensonges, de mes faiblesses, de mes doutes et de mes égarements, je parle de ce que nous nous efforçons tous de cacher aux yeux des autres.
Je parle de NOUS.

Alors à quoi ça me sert d'écrire ? Eh bien justement, écrire, ça me sert à faire tomber les masques de tout ce que l'on montre, pour parler de toute la lumière que l'on cache.
Écrire, ça me sert à rallumer une étincelle dans les cœurs froids, ça me sert à raviver un courant d'air qui ébouriffe les convictions. Ça me sert à réveiller les habitudes soumises et les conformismes naïfs. Ça me sert à arrêter l'humour qui se moque pour laisser émerger l'autodérision qui nous rassemble, prendre le temps de poser les questions toujours plus importantes que les réponses...

 
Écrire, ça me sert à partager cette vision du monde que j'ai : un monde en perdition, où tout repose sur le profit à tout prix, au détriment du bon sens, de l'écologie et des ressources humaines dans leur globalité. Ça me sert à crier ce que la société m'interdit de crier : à savoir que notre monde est un Titanic qui fonce tout droit vers l'iceberg ! Une société qui fabrique de plus en plus de gens malheureux alors que jamais dans l'histoire de l'humanité elle n'aura atteint un tel savoir technologique et fabriqué autant de machines destinées à nous rendre la vie plus facile.

J'écris pour résister à ma manière contre un naufrage que l'on m'oblige à subir sans me demander mon avis.
J'écris pour faire corps avec celles et ceux qui sont comme moi, pour que nous soyons de plus en plus nombreux, et pour que la place accordée aux créatifs soit plus importante qu'elle ne l'est aujourd'hui.
Parce que :
1- À la base, nous sommes tous des créatifs (100% des enfants d'une cour d'école sont des créatifs en puissance)
2- Une société dans une impasse ne pourra trouver d'issue favorable que par l'intermédiaire de ses créatifs, ceux qui seront capables d'imaginer une autre façon de vivre mieux et ensemble.

Je suis un rêveur ? Un marginal ? Un idéaliste ? Un utopiste ?
Ou bien suis-je seulement un citoyen comme tout le monde qui n'essaie que de faire sa part du colibri ?

15 Mar 2016

Les tendances de l'autoédition

Cet article a été rédigé en réaction à la publication des résultats d’une étude réalisée auprès de 926 auteurs indépendants en France, par Book On Demand (BOD) en association avec Edlilivre.

http://www.idboox.com/etudes/les-tendances-de-lautoedition-en-france/

 

1. « Pour 87% des répondants l’écriture et un loisir, 57% annoncent que c’est leur occupation principale et 31% considèrent que l’écriture est une source de revenus. »

Cette notion de « loisir » reste sujette à débat. J’imagine que les 57% mentionnés par BoD et Édilivre, qui annoncent que l’écriture est leur occupation principale alors que pour 87%, elle est un loisir, ont peut-être voulu mentionner qu’elle était leur hobby principal.

Alan Spade a évoqué également la piste possible des retraités, pour qui un loisir peut vraiment être considéré comme une occupation principale…

Il faudrait avoir plus d’informations sur ces données.

 

Sur les 130 auteurs qui ont participé à mon enquête (publiée en mars 2015 : http://charlie-bregman.iggybook.com/fr/l-autoedition-pourquoi-comment-pour-qui/), plus de la moitié ont déclaré consacrer plus de 10 jours par mois à leur activité d'autoédition, avec 26 auteurs l'exerçant à temps complet (20%). Je rappelle que le formulaire que j’avais publié en ligne exigeait une expérience de plus d’un an en autoédition, afin d’écarter le plus possible les novices en la matière, qui auraient pu apporter une vision erronée des différents points abordés.

Mon objectif n’était pas de dresser un bilan statistique (pour cela, il aurait fallu bénéficier d’un échantillon suffisamment dense et représentatif), mais bel et bien un compte-rendu des diverses explorations menées par les auteurs, avec leurs attentes, leurs obstacles, leurs solutions et stratégies, leurs résultats, et donc une analyse de l’évolution envisageable de l’autoédition au sein de l’industrie du livre.

Les chiffres sont là pour indiquer les tendances qui se dégagent du groupe interrogé, mais encore faut-il questionner les différents éléments du groupe pour mieux les connaître (ce que j’ai voulu faire dans une première partie « Autoédités, qui êtes-vous ? »).

Au vu des réponses obtenues, je pense que mon enquête avait été majoritairement suivie par une catégorie d'auteurs dont l’intention était d’agir plus en "entrepreneurs" qu’en “dilettantes", avec, du coup, une distinction claire entre le simple fait de « s’auto-publier » et l’objectif idéal de faire les choses aussi bien qu’un éditeur (puisque dans « autoédition », il y a surtout « édition »).

 

2. « Les auteurs choisissent l’autoédition car ils aiment le contrôle qu’ils ont sur le contenu publié (95%). »

Mon enquête indiquait un chiffre équivalent : 95% des auteurs interrogés reconnaissaient que la liberté et l’indépendance constituaient les principaux avantages de l’autoédition.

Par contre, cette liberté n’avait réellement motivé leur choix de l’autoédition que pour les trois quarts d’entre eux. Ils la considéraient comme l’avantage numéro 1, mais pour un bon nombre d’entre eux, l’autoédition avait été plutôt envisagée comme une stratégie à moyen terme en vue de se faire éditer de manière traditionnelle :

- 17% ont répondu vouloir se constituer un lectorat avant de démarcher un éditeur

- 25% vouloir gagner en visibilité afin qu’un éditeur me contacte

 

3. « 92% estiment que l’autoédition est un processus simple et 85% apprécient le contrôle sur le droit d’auteur. »

Dans mon enquête, 1 auteur sur 4 considéraient l’exploitation des droits comme l’un des principaux avantages de l’autoédition, un avis placé derrière les royalties, la flexibilité et la diversité des tâches, et la liberté et l’indépendance.

La simplicité de l’autoédition apparaissait comme toute relative dès le moment où l’intention était de dépasser la satisfaction personnelle de voir son livre matérialisé (auto-publié) :

- la promotion et le marketing constituent un problème pour 83% d’entre eux

- le manque de soutien des libraires : un problème pour les deux tiers d’entre eux

- le manque de curiosité des lecteurs : un problème pour 42%

- et la correction : un problème pour 35%

 

4. « 54% aiment la proximité avec le lecteur et 51% pensent qu’ils gagnent plus que s’ils passaient par un éditeur traditionnel. »

Mon enquête ne posait pas directement la question de la relation avec le lecteur. Pour autant, il semblerait que la grande majorité des auteurs avec qui je suis en contact apprécient vraiment le fait de pouvoir être directement en contact avec leurs lecteurs.

Concernant les revenus, 5 auteurs parmi 107 interrogés dans mon enquête (23 d’entre eux avaient souhaité ne pas s’exprimer sur ce point) avaient indiqué des revenus supérieurs à 1000 € par mois (avec 3 auteurs indiquant des revenus supérieurs à 5000 € par mois).

À noter que ces informations semblaient cohérentes au vu de leurs positionnements réguliers parmi les meilleures ventes numériques, mais qu’il serait intéressant de savoir comment ces chiffres ont pu évoluer depuis un an.

Je pense que la comparaison entre les revenus des autoédités et ceux des auteurs publiés par un éditeur devrait être permise à une seule catégorie d’auteurs autoédités : les auteurs hybrides, qui baignent à la fois dans l’autoédition et l’édition traditionnelle.

En effet, pour les autres, je ne suis pas certain que tout le monde ait une idée bien précise de ce que l’on peut réellement comparer. Par exemple, un auteur indé pet obtenir jusqu’à 70% de royalties sur certaines plateformes de distribution (plus précisément environ 64% une fois la tva et le coût forfaitaire de téléchargement déduits, chez Amazon, par exemple), au lieu de 8% en général avec un éditeur : ce qui pourrait laisser imaginer qu’il est facile de gagner plus en autoédition. Mais il est évident qu’un auteur inconnu qui n’écoule qu’une poignée d’exemplaires de son ouvrage aura des résultats inférieurs à ceux d’un auteur que son éditeur aura réussi à promouvoir efficacement.

Personnellement, j’aurais tendance à fortement conseiller le choix de l’autoédition pour les auteurs d’un premier roman dans un but stratégique : pouvoir ensuite contacter un éditeur, avec une expérience à l’appui, un lectorat déjà conquis et une bonne maîtrise des réseaux sociaux pour la promotion.

Il faut savoir qu’un premier roman constitue vraiment un pari risqué pour un éditeur : en moyenne, en France, il peinera à s’écouler à plus de 800 exemplaires (chiffres revus à la baisse par Gallimard il y a quelques mois, avec une tendance plutôt située aux alentours de 500 à 600). Même si un succès peut toujours arriver, proposer un contrat à un jeune auteur que personne ne connaît constitue donc surtout un pari sur le long terme.

Ensuite, il faut également préciser qu’au moment où le livre ne se vend plus, l’auteur devra renégocier l’achat de ses droits avec son éditeur avant de pouvoir redonner une vie à son ouvrage.

Rien qu’en France, 100 millions de livres sont détruits au pilon chaque année. Cette démesure de l’industrie du livre reste un profond tabou dans notre société, reléguant la production littéraire au rang de simple produit de consommation.

 

5. « Genre littéraire : 71% publient de la littérature générale (avec une forte proportion pour le roman érotique et la poésie), 31% des livres spécialisés et 15% du livre pratique. »

Les auteurs interrogés dans mon enquête étaient 12% à écrire des livres érotiques, et 15% de la poésie. Les genres qui se démarquaient étaient différents :

-       44% de romans et « littérature contemporaine »

-       39% de « science-fiction, fantasy et terreur »

-       23% de « livres policier et suspens »

-       17% de « récits et témoignages »

Les livres spécialisés représentaient des minorités (cuisine, politique, dictionnaires, philosophie, science et médecine, santé, développement personnel, informatique, ésotérisme, etc.)

 

6. « Temps passé à écrire : 35% des auteurs passent plus de 10 h par semaine à écrire et 13% moins d’une heure. »

Sur les 130 auteurs de mon sondage, plus de la moitié consacrent plus de 10 jours par mois à leur activité d'autoédition, avec 20% des auteurs l'exerçant à temps complet (26 auteurs).

Par ailleurs, 70% des auteurs interrogés ont déclaré consacrer plus de 4 jours par mois, mais cette question concernait l’autoédition dans sa globalité, et non seulement l’activité d’écriture…

 

7. « 60% passent moins d’une heure par semaine à promouvoir leur livre, 24% de 1 à 4 heures, 9% de 5 à 9 heures et 7% plus de 10 heures. Et ils investissent peu : 29% ne dépensent rien, 39% moins de 100 euros 11% de 100 à 199 euros et 21% plus de 200 euros ! »

Mon enquête ne posait pas la question du temps passé à promouvoir les livres, mais la promotion et le marketing étaient considérés comme un problème pour 83% des auteurs interrogés.

Concernant les investissements, je n’ai pas non plus d’informations concernant les montants. Par contre, je sais que leurs investissements concernent surtout :

-       recours à un coach ou conseiller littéraire

-       relecteur(s) (le plus souvent gratuitement, notamment via des échanges de services entre auteurs, mais parfois en payant)

-       correcteur(s)

-       rédaction du résumé de leur ouvrage

-       graphiste (couverture)

-       formatage numérique

-       site internet

-       copywriter (rédacteur de page de vente)

-       imprimeur (parfois, lorsqu'il s'agit d'effectuer un stock de livres et de ne pas avoir recours aux services d'impression à la demande)

-       traducteur (12% des auteurs interrogés avaient au moins un de leurs ouvrages traduit en anglais…)

 

8. « Quel format ? 55% des indépendants publient en version papier et ebook, 40% uniquement ne papier et 5% qu’en numérique (ce dernier chiffre est assez étonnant car bien évidemment les auteurs passant par KDP ou Kobo ne sont pas ou peu pris en compte étant donné le panel). »

L’autoédition, si elle est facilitée par le format numérique, garde effectivement un profond intérêt pour le format papier.

Les 130 auteurs interrogés dans mon enquête étaient majoritairement concernés par l’édition numérique. Seulement 14% d’entre eux ne publiaient qu’au format papier.

 

9. « Du côté des lecteurs (338 répondants), 58% déclarent lire des ebooks. 77% connaissent le concept d’autoédition et 65% déclarent avoir déjà lu un livre autoédité. Pour 77% d’entre eux l’expérience de lecture fut positive. »

De nombreux lecteurs reconnaissent être positivement surpris par les ouvrages autoédités (parfois, les auteurs indés font face à de profonds a priori, voire à un certain dédain clairement exprimé). Désormais, les blogueurs et booktubeurs se montrent un peu plus curieux vis-à-vis des ouvrages autoédités, semblant prendre conscience que ce qui fait la qualité d'un livre, c'est son contenu, et non son étiquette…

Les données de BoD et Édilivre s'avèrent très encourageantes : la meilleure façon de vendre un livre ne reste-t-elle pas le bouche à oreille des lecteurs ?

 

10. « Du côté des libraires (88 répondants), 75% déclarent proposer des livres autoédités. (pas de précision s’il s’agit de librairies en ligne ou physiques). 43% auraient déjà organisé des séances de dédicaces avec des auteurs indépendants. 90% ne sont pas opposés à proposer aux clients des livres autoédités à condition qu’ils soient référencés par un réseau de type Dilicom (pour faciliter le passage de commandes). Les libraires proposent des pistes pour améliorer la visibilité des indés : 65% voudraient de meilleures offres commerciales, 57% un contenu de meilleur qualité, 50% une meilleure mise en page, 47% un meilleur référencement et 41% une meilleure connexion logistique. »

Là aussi, cela traduirait une tendance à un meilleur accueil réservé aux indés, ce qui était loin d’être le cas il y a un an en arrière, lorsque les deux tiers des 130 auteurs interrogés pour mon enquête considéraient que le manque de soutien des libraires, autres institutions culturelles et différents médias, représentait un vrai inconvénient de l’autoédition.

Il y aurait donc fort à parier pour qu'une place de plus en plus importante soit donnée à l’autoédition dans le milieu du livre, dans les années à venir. Et si on se lamente parfois devant le constat que les Français préfèrent écrire et (tout) publier plutôt que de lire, on peut se demander s'il ne s'agit pas d'un phénomène de transition qui ne finira pas, au final, par relancer chez eux le goût de la lecture des autres.


[Image disponible sur : http://www.youscribe.com/catalogue/tous/litterature/creation-litteraire/infographie-bod-autoedition-2016-2707783 ]

track